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  Revue de presse du 19 février 2009

« Arrêtons de nous tirer dans les pattes ! »

 

Il avait promis de tenir jusqu’au congrès, mais, fatigué, Jean-Pierre Morlin a préféré quitter son poste de président de l’Otre. Une démission logique, dans la mesure où il n’était plus chef d’entreprise. Bernard Lataste lui succède au moins jusqu'au congrès de l'Otre. Nous l'avons interviewé au sortir de son élection...

Flash Transport : Bernard Lataste, vous venez d’être élu président de l’OTRE. (Cf. « Un nouveau président pour l’OTRE »). Pouvez-vous nous dire pourquoi M. Morlin a précipitamment quitté ses fonctions ?

Bernard Lataste : Cela s’est fait un peu plus tôt que prévu. Mais, n’étant plus transporteur, il ne pouvait plus continuer. Il avait pensé tenir jusqu’au congrès, en avril prochain, mais après ces derniers mois qui ont été difficiles pour lui (NDLR, il a dû céder son entreprise en difficulté), il a finalement préféré quitter ses fonctions plus tôt. Nous respectons son choix.

F.T. : Vous voilà donc président "à l’insu de votre plein gré". Ce n’était pas une vocation ?

B.L. : C’est vrai que je n’y étais pas préparé, même si j’ai été adhérent de l’OTRE dès sa création. Il y avait devant moi des tas de candidats plus naturels, mais aussi moins disponibles. J’ai la chance d’avoir dans mon entreprise mon fils et des cadres formidables qui peuvent faire tourner la boutique sans moi. J’ai donc, plus que d’autres, des facilités pour me libérer. Je vais donc, dans un premier temps, assurer l’intérim de la présidence du syndicat, puis on verra. Si mes confrères sont d’accord et si aucun autre candidat ne se déclare d’ici le congrès, je continuerai.

F.T. : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette prise de fonction ?

B.L. : Je sais que la mission est difficile. Mais je veux marquer un tournant pour l’OTRE Non pas que je critique M. Morlin : à l’OTRE, nous savons tous ce que nous lui devons. Les combats difficiles qu’il a menés pour nous. Mais le temps est venu d’apporter un nouveau souffle. De mener une autre politique.

F.T. : En quoi vous différencierez-vous de votre prédécesseur ?

B.L. : Je ne suis pas procédurier, je ne veux plus la guerre (NDLR avec la FNTR). Mon entreprise étant membre d’Évolutrans, j’y fréquente régulièrement Patrick Vermot-Desroches (coprésident de la FNTR), alors on ne va pas commencer à se tirer dans les pattes. Il faut tourner la page. La profession est en danger. Il nous faut plutôt nous concentrer sur les vrais combats à mener : aider les petites entreprises à se structurer pour supporter la crise actuelle.

F.T. : Allez-vous continuer à vous battre pour la reconnaissance de votre syndicat ?

B.T. : Bien entendu. Je veux croire que notre reconnaissance n’est plus très loin. Plus rien ne peut s’y opposer. Avec l’arrivée des adhérents de l’UNOTRE, nous couvrons tout le territoire : Sud, Nord, Est, Bretagne, Champagne, Bourgogne et Ile-de-France…. L’OTRE est représentative de la profession, nous devons démontrer que c'est un syndicat respectable en entamant un dialogue constructif.

F.T. : Quel sera votre message ?

B.L. : Je connais tout l’historique de l’OTRE, mais mon discours sera plus doux que celui de mon prédécesseur, tout en restant déterminé. Je serai sans doute jusqu’auboutiste. Je connais mon métier. Il y a 35 ans que je suis dans le transport. J’ai créé ma boîte il y a vingt ans à Bayonne avec un camion et je dirige à présent une PME de 11 millions d’euros de CA et une centaine de salariés. J’espère être capable de passer un message aux adhérents de l’OTRE pour les pousser à grandir et à se préparer, puisque nous avons, devant nous, une à deux années difficiles. Cela ne va pas être aisé, mais je sais que je serai assisté, dans ma fonction, par une équipe dynamique et motivée

 

Rédacteur : Valérie Chrzavzez

 

« Entretien de M. LATASTE avec Flash-Transport.com »

Le 19 février 2009

http://www.flash-transport.com/portail/Accueil.html