Reportage de France 3 Franche Comté
Interviews de :
Yves Quemeneur, secrétaire général UNOTRE Franche Comté ;
Laurent Mazzola, gérant de la société Prim'Inter.
Devra-t-on mourir en silence ?
C’est un véritable coup de gueule que pousse l’Unotre Franche-Comté-Bourgogne : elle s'indigne que nos gouvernants se désintéressent du sort des entreprises de transport routier et les laissent mourir. Mais attention, prévient le syndicat, celles-ci ne sont pas prêtes à se laisser enterrer vivantes ! Et elles pourraient bien se faire entendre en manifestant bientôt...
« En 2007, le Grenelle de l'environnement a sonné le glas du transport routier français. Les âmes bien-pensantes de l'écologie médiatique voulaient rayer des cartes routières les camions français, responsables des accidents, de la pollution atmosphérique et des émissions de particules.
En 2009, la crise financière mondiale, « la grande peste du XXIe siècle », condamne des milliers d'entreprises de transport routier, contaminées par l'arrêt brutal de l'activité économique. En Franche-Comté et en Bourgogne, ce sont des chutes de l'ordre de 30 à 40 % des flux de transport. »
Des aides, mais pas pour tous
« Il fallait aider le système bancaire mondial à se recapitaliser. Cela a été fait sans véritables contreparties des banquiers responsables de cette épidémie. Il fallait aider les filières industrielles comme l'automobile. Cela a été fait sans véritables contreparties des constructeurs à relocaliser les sous-traitants. Il fallait aider le transport routier français, élément essentiel de l'économie de proximité et maillon indispensable de l'aménagement durable des territoires. Cela n'est pas fait.
Et ce au nom de l'écologiquement correct, alors que le transport routier de marchandises est beaucoup moins polluant que les véhicules particuliers. Au nom de la sécurité routière, alors que le transport routier de marchandises et de personnes est impliqué dans moins de 3 % des accidents corporels. »
Ce qui pourrait nous aider
« Pour éviter la casse de milliers de PME et TPE du transport routier et des dizaines de milliers d'emplois, l'Unotre et l’Otre ont demandé un plan d'urgence au gouvernement. Incluant le report des charges sociales et fiscales sur une période d'au moins 18 mois et leur échelonnement sur trois ans pour permettre aux entreprises de passer la crise. La baisse des tarifs autoroutiers au niveau du début 2008, pour obliger les sociétés concessionnaires d'autoroutes à respecter leurs engagements. Mais aussi l'instauration d'une prime à la casse pour tous les camions et non uniquement pour les véhicules utilitaires légers. »
Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut entendre
« Le gouvernement reste sourd à ces demandes. Les PME et les TPE du transport routier peuvent mourir en silence. Il y aura toujours autant de camions sur les routes pour assurer les flux de marchandises. Simplement, ils ne seront plus français !
Les parlementaires, les préfets, les conseils régionaux et généraux de Bourgogne et de Franche-Comté ont été alertés. Les PME et les TPE du transport routier n'accepteront pas de mourir dans l'indifférence générale.
La totalité des besoins en produits de grande consommation est approvisionnée chaque jour par des camions, les territoires ruraux sont irrigués quotidiennement par des milliers de camions assurant un service public de proximité. L'arrêt volontaire ou forcé des camions sera le retour à « l'économie du garde-manger ». Que les pouvoirs publics y prennent garde s'ils veulent retrouver un jour les chemins de la croissance ! »
http://www.flash-transport.com/portail/Accueil.html
Le 6 mars 2009
Devra-t-on mourir en silence ?