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Revue de presse
LA DEFENSE ENCERCLEE PAR LES PL Flash Transport du 18/06/2008
L’OTRE avait prévenu : elle ferait parler d’elle et de ses adhérents avant la table ronde de demain jeudi, avenue de Ségur. Chose promise, chose faite. A 6 h 30, ce matin, on comptait déjà de 150 à 180 camions garés le long du boulevard circulaire de la Défense. Résultat, d’importantes difficultés de circulation sur le périph et l’accès N13-A14 coupé.
6 h 00, ce mercredi matin : Paris s’éveille. Sur la route menant à La Défense, on croise de nombreux camions qui semblent se diriger en convoi, à vitesse normale, vers l’ouest. D’autres convois aussi attirent l’œil du curieux : porte Maillot, une vingtaine de fourgons de CRS filent vers la N13, direction La Défense semble être en train de se réaliser. Arrivé au début du boulevard circulaire, au niveau de l’échangeur avec l’A14, plus de doute possible. On y croise pêle-mêle des cars de CRS, des bennes, des frigos, des motards de la police… Tout cela s’annonce chaud. Très vite, on voit une file de camions rangés soigneusement le long du boulevard. On commence à compter mais, au bout d’une cinquantaine de camions, on préfère arrêter d’égrener… Il n’est pas 6 h 30 et déjà on se dit que la journée de stationnement de l’OTRE risque d’être un succès. A la radio, pas d’infos, c’est grève de l’audiovisuel public. Pas moyen de savoir ce qui se prépare. On zappe vers les radios privées. Pas plus d’informations pratiques pour connaître la répercussion de cette manifestation très matinale sur le trafic. La Défense en état de siège. Très vite, on comprend que ça sature à l’arrière. On laisse une file pour les voitures, mais les camions sont empêchés de passer. Sur les ondes tonitruantes des motards de la police, on entend que ça bloque dur sur le périphérique et au niveau de la porte Maillot. Les transporteurs ont décidé de rester toute la journée à La Défense pour montrer leur force. Pas d’opération escargot mais un gros sit-in de camions. Si La Défense est encerclée par les camions, peu à peu, le quartier et ses accès sont quadrillés par les forces de l’ordre. Ici et là, on repère deux, trois, quatre, voire davantage de fourgons de CRS. Sur le parvis, huit véhicules de police protègent l’Arche, au cas où. La Défense est en état de siège. Jean-Pierre Morlin dit vouloir participer à la table ronde de jeudi. Quand un représentant des autorités vient lui demander s’il souhaite un rendez-vous au ministère, il répond par la négative. L’attente sera longue. Il n’est pas prévu, sauf éventuelle intervention des forces de l’ordre, de partir avant la fin de journée. Point circulation : à 9 j 00, les autorités estimaient que les trois quart du boulevard circulaire de La Défense étaient occupés par les poids lourds sur deux voies de circulation, laissant la voie de gauche libre pour les automobilistes. Néanmoins, de très importantes difficultés de circulation ont été signalées sur le périphérique parisien, obligeant les autorités à couper l’accès N13-A14 depuis la Porte maillot pour tenter de réguler le trafic. Des témoins ont signalé à la rédaction du Flash Transport des scènes d’énervement et des incidents entre automobilistes au niveau de la porte Maillot. " LE TRANSPORTEUR VA DEVENIR UN SDF " par Omri Ezrati dans Sud Ouest - Juin 2008 Alors que le baril a désormais atteint les 129 $, les transporteurs routiers s’inquiètent et s’interrogent sur le silence du gouvernement vis-à-vis de leur situation et du prix du carburant. L’Otre veut du concret ! « Les annonces faites par le secrétaire d’Etat aux Transports il y a maintenant un mois sur la pénalisation de la clause d’indexation du prix de transport sur le prix du carburant n’a toujours pas été suivie d’effets, alors même qu’à cette époque les PME étaient déjà dans une situation extrêmement critique », constate ce matin l’Otre dans un communiqué. « Cependant, quel que soit le délai dans lequel cette mesure sera prise, cette dernière n’est absolument plus adéquate avec les problèmes rencontrés par les PME de transport routier », poursuit l’organisation professionnelle. Forte de ce constat, l’Otre a réitéré au secrétaire d’Etat sa demande de réunion d’urgence. Harmonisation
A court terme, l’Otre réclame le remboursement immédiat des montants de TIPP dus aux entreprises pour le second semestre 2007 et le premier semestre 2008, sans procédure administrative. Mais l’Otre demande aussi, et c’est nouveau, « la protection juridique du patrimoine familial des chefs d’entreprises, afin d’empêcher un désastre humain et social ». Jean-Pierre Morlin, joint ce matin par la rédaction du Flash Transport, ne veut pas « que le transporteur se retrouve jeté à la rue parce que son entreprise aura été liquidée ». Le syndicat demande aussi le gel des prélèvements obligatoires des PME, et un étalement dans le paiement des charges du premier semestre. A moyen terme, le syndicat réclame la mise en place du dispositif des propositions de l’UPR, notamment en matière d’harmonisation de la fiscalité des carburants et d’exonération des matériels roulants de la taxe professionnelle. Par ailleurs, l’organisation demande une véritable définition d’un mécanisme de garantie du prix du gazole professionnel sur un délai déterminé.
"DES DEPOTS DE BILAN PAR CENTAINES" par Omri Ezrati dans Sud Ouest - Juin 2008
Les transporteurs sont à l’agonie. Avec un gazole toujours plus cher, c’est la mort annoncée de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de transporteurs qui se profile à l’horizon. Pour éviter l’hécatombe, la mobilisation est en marche. Revue des troupes. Bien comprendre ce qui se passe. Nous avons sondé les transporteurs et plusieurs organisations professionnelles pour savoir à quoi on peut aujourd’hui s’attendre et si les troupes sont prêtes au combat sur le gazole.
Des transporteurs déterminés… mais aussi étrangement calmes Mardi soir, plusieurs régions Otre organisaient des réunions pour établir le moral des adhérents et déterminer les modes d’action possibles. Premier indice : la mobilisation des transporteurs. En Ile-de-France, 51 transporteurs se sont réunis à l’appel de l’Otre. En PACA, une cinquantaine également. Jean-Marc Rivera a jugé ses adhérents très déterminés et préoccupés. Jean-Marc Montagnac, secrétaire général de l’Otre PACA, dont les transporteurs se réunissaient hier à Toulon, a trouvé ses adhérents, lui aussi « très déterminés. Mais également, et c’est nouveau, très calmes. » « Cela m’inquiète vraiment, ce n’est pas habituel », ajoute-t-il.
Monter au feu avec les pêcheurs, ou pas ? Certains adhérents de l’Otre, mais aussi de l’Unostra ou d’ailleurs, sont favorables à des actions conjointes avec les pêcheurs. Céline Dubecq, des transports Le Gal, est prête à emboîter le pas derrière eux. « Il faut agir vite, maintenant. Nos entreprises sont à l’agonie, pas mal de nos collègues ont tellement de crédits sur la g... qu’il n’est pas possible qu’ils s’en sortent. » Pour elle, c’est tout de suite et avec les pêcheurs, « mais pas uniquement », qu’il faut agir. Cette transporteuse a établi des contacts locaux avec les agriculteurs et a reçu un soutien très clair des taxis. Dans le Finistère, mais aussi dans le Var ou encore en Charente-Maritime, des actions communes sont possibles dans les jours à venir entre pêcheurs et transporteurs non étiquetés. L’union fait la force, mais avec qui ?
L’Otre appelle au rassemblement sur ce dossier. Ce n’est pas nouveau. Jean-Pierre Morlin nous indiquait ce matin au téléphone avoir établi des contacts avec un peu tout le monde. Avec TLF, pas de soucis : « Nos rapports sont excellents et nous sommes sur la même longueur d’ondes sur pas mal de dossiers ». Le président Grillot et Jean-Pierre Morlin étaient encore ensemble mardi pour aborder le sujet. Avec la FNTR, c’est clair : selon le président de l’Otre, l’un des coprésidents lui a envoyé une fin de non-recevoir. Avec l’Unostra, c’est plus contrasté. « Pas de réponse à notre appel de la part du national », dit Jean-Pierre Morlin. En revanche, quatre régions Unostra au moins se sont déterminées pour des actions communes avec l’Otre. Dans certains départements où l’Otre est forte, des unions locales sont possibles et engagées, y compris avec les adhérents FNTR. La FNTR a d'ailleurs publié un communiqué mercredi midi en expliquant "qu'en fonction des demandes émanant du terrain, des urgences et des spécificités locales, chaque syndicat est appelé à mener les actions qu’il jugera utiles et nécessaires pour appuyer l’action nationale, en liaison avec les professionnels et les adhérents de TLF et de l’Unostra". L'union est en marche. Des actions, oui mais quand ?
« Avant de lancer la moindre action, nous formulons d’abord des demandes auprès des ministères des Finances et des Transports », nous disait ce matin encore Jean-Pierre Morlin, pas spécialement convaincu à l'avance du résultat. Des actions se préparent, au niveau régional et national. Pas de détails. On sait, des quelques renseignements pris par la rédaction ce matin, que ces actions pourraient voir le jour d’ici trois semaines environ. Dans son communqiué de mercredi midi, la FNTR parle d'actions "sous quinzaine". Enfin, l'Unostra Nord Pas de Calais annonçait en fin de matinée une action escargot avec les taxis le 2 juin prochain.
Une opération type "hexagone" est-elle possible ?
Des transporteurs de l’Otre aimeraient bien voir une nouvelle opération "hexagone" se mettre en marche, mais Jean-Pierre Morlin, s’il ne l’exclue pas, y pose des conditions : « Même si nous sommes des centaines, nous ne serons jamais assez, nous seule Otre, pour mettre en place ce type d’opération. Les fédérations régionales Otre ne seront plus seules en première ligne : nous ne mettrons en place ce type d’opération que si nous sommes certains de pouvoir aboutir à quelque chose. » En revanche, selon Jean-Pierre Morlin, on peut imaginer que l'hécatombe sera telle, ces prochaines semaines, que des centaines de dépôts de bilans pourront être déposés le même jour. Une action qui, bien sûr, sera destinée à marquer les esprits...
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