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  Revue de presse - Je ne suis pas un révolutionnaire

JE NE SUIS PAS UN REVOLUTIONNAIRE

Nous vous l’annoncions la semaine dernière : l’OTRE dispose désormais d’un bureau dans le Centre. Philippe MANDEL en a pris la tête. Mais le président de région prévient, d’emblée : « Ce que je fais, je ne le fais pas seul. C’est un travail d’équipe et l’OTRE Centre n’aurait pu voir le jour sans sa dizaine de collègues qui démarrent l’aventure avec moi ».
Pourquoi des transporteurs, pourtant individualistes par nature, ont-ils décidé de monter une délégation OTRE dans le centre de la France ? « Nous en avions marre de l’image négative de la profession véhiculée par les médias. Et nous ne nous reconnaissions pas dans ceux qui, à Paris, sont censés nous représenter et nous défendre sans jamais être montés dans un camion. Ce sont des permanents, sui ne savent pas ce que c’est que de travailler avec leur argent. Moi, j’ai monté ma boîte après avoir été chauffeur et je roule encore.
Alors, le métier, je le connais de l’intérieur. « Lassé de ne pas se sentir défendu, il a « contacté des collègues du coin et, ensemble, on va essayer de faire quelque chose. On a choisi d’adhérer à l’OTRE parce que ce syndicat nous semblait plus proche de la réalité du terrain. Nous sommes, pour le moment, une dizaine d’adhérents. Nous sommes tous pris par nos boîtes, mais nous allons faire en sorte de grossir. Cela ne devrait pas poser de problème », assure-t-il confiant.

Pas un révolutionnaire, mais réaliste.

Parmi ses priorités, redonner de la profession une image plus conforme à la réalité. « On cultive l’image des transporteurs qui polluent, puent et gênent les gens qui partent en week-end, alors que la réalité est tout autre. Les gens ne savent pas que la réalité est tout autre. Les gens ne savent pas que, pour moins polluer, nous avons des véhicules qui consomment du GO, mais qu’il faut le couper avec de l’Ad Blue. Ce qui nous complique la vie. Ils ne savent pas que l’o roule en flux tendu et pour leurs ventres. »
Pour leur rappeler l’utilité des transports, il exclut des barrages. « On ne va se rendre encore plus impopulaires en barrant les routes. Je ne suis pas révolutionnaire. Et je suis réaliste . Je sais que le GO va continuer à augmenter, alors il faudra répercuter ces hausses. « Il reconnaît que cela sera plus facile que par le passé. Il y a dix ans, nos clients se disaient : les transporteurs, on n’en a rien à foutre. On claque des doigts et on en a dix dans la cour. Aujourd’hui, ce n’est plus la même chanson. Il y a eu de gros écrémages. Des boîtes ont disparu, d’autres ont réduit leur parc. Il y a eu un rééquilibrage entre l’offre et la demande. »
Il ne se reconnaît plus non plus dans la presse professionnelle qui relate trop souvent à son goût des exploits des groupes de transport tenus pas des financiers. « Ils n’ont pas les mêmes logiques que nous. Nous, on est français : on fait travailler des chauffeurs français que l’on essaye de bien payer pour les arder et les motiver. Eux détournent le problème en embauchant des étrangers. Ce n’est pas la même logique. »

Ne pas cracher dans la soupe.

Pour se faire entendre, il a son idée : « L’idéal serait de laisser nos camions sur par cet d’empêcher ceux des grands groupes de sortir. En trois jours, on aurait démontré le côté indispensable de notre profession, qui est aussi un des principaux pourvoyeurs de recettes de l’Etat par le biais des taxes que nous acquittons. Cela aussi il faut que cela se sache, pour que les gens cessent de cracher dans la soupe ».
Depuis quelques années, Philippe MANDEL travaille avec son fils. Son arrivée dans l’entreprise lai a redonné une motivation supplémentaire, reconnaît-il. D’où son nouvel engagement ? Mais pas de folie des grandeurs pour autant : « Nous sommes sept, et nous n’irons pas au-delà. J’en ai trop vu avoir les yeux plus gros que le ventre. »


Lu sur Flash Transport
21/11/2007