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  Santé au travail - Vu par les DR

Alors que le sujet sensible de la santé au travail et du stress des salariés fait l’objet de négociations entre les syndicats et le gouvernement, les DRH prennent encore timidement conscience du phénomène.

Le thème du stress et du mal-être des salariés est devenu un véritable sujet d’actualité sociale.

Et de façon plus tragique encore avec une série de suicides de salariés sur leurs lieux de travail ces derniers mois, dont Renault à Guyancourt (Yvelines), PSA à Mulhouse, ou encore Areva.

Des conférences entre syndicats, patronat et gouvernement ont d’ailleurs lieu depuis début septembre sur la santé au travail, avec pour premières avancées la mise en place d’indicateurs fiables sur le stress au travail, que proposera un groupe d’experts d’ici mi-janvier 2008.

Tout l’enjeu est que ces indicateurs permettraient aux employeurs et syndicats de s’accorder sur les responsabilités.

Beaucoup d’employeurs préfèrent renvoyer le problème hors du champs du travail, en l’attribuant à une fragilité individuelle, alors que les syndicats mettent souvent en cause l’organisation du travail et demandent des mesures préventives et collectives d’amélioration des conditions de travail. Un premier pas a été franchi en la matière, puisqu’un suicide lié au travail peut être reconnu comme accident du travail ou maladie professionnelle.

Une jurisprudence de la Cour de Cassation considère en effet qu’il y a une présomption de lien professionnel dés lors qu’un suicide survient sur le lieu de travail. C’est donc l’employeur qui est reconnu comme responsable.

En négociation également, les conditions de travail dans les petites entreprises, le renforcement des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et le droit d’alerte des salariés sur les questions de santé au travail.

Pourtant, les services des ressources humaines des grandes entreprises ne semblent pas considérer cette question du stress des salariés comme majeure, à en croire un sondage IFOP réalisé en septembre auprès des DRH et rendu public lors d’une conférence de presse organisée par les groupes de protection sociale Malakoff et Méderic.

42% des DRH ont adopté des mesures de prévention du stress

Le sondage montre clairement le décalage entre les principes affichés par les services des ressources humaines et leur application dans la réalité. Ainsi, 62% des DRH déclarent percevoir le bien- être psychologique des salariés comme un enjeu important. Pourtant, seuls 43 % estiment que la promotion du bien–être au travail sera un thème de préoccupation majeur dans l’avenir. La même attitude de manque de prise de conscience apparaît à propos du suicide des salariés sur leur lieu de travail : seuls 22 % des DRH sondés estiment que cela peut concerner leur entreprise.

56% y voient des évènements isolés difficilement interprétables, quand uniquement 22% admettent le lien direct avec le monde du travail.

Dans les faits, 38 % prévoient dans leurs dépenses pour ces deux prochaines années un budget consacré à l’amélioration de la santé de leurs salariés. Surtout, preuve du paradoxe, 42 % seulement ont mis en place des mesures de prévention des situations de mal-être.

La difficulté de diagnostiquer ou de repérer le mal-être au travail

Diagnostiquer des problèmes de stress et de pénibilité au travail reste difficile, estiment les DRH. D’ailleurs, parmi les obstacles pour faire de la prévention, 63% citent la difficulté d’établir un diagnostic de la situation, 46% l’absence d’expertise en interne, 45% la connaissance insuffisante des actions de prévention disponibles, et 24 % le manque de budget dédié.

Diagnostiquer des problèmes de stress et de pénibilité au travail reste difficile estiment les DRH

Les signaux d’alerte comme le taux d’absentéisme ou d’accidents du travail sont effets rares.

72% des sondés évoquent l’augmentation de l’absentéisme. Sont citées ensuite les difficultés relationnelles avec les collègues (29%), les conflits avec la hiérarchie (50%), la baisse de la qualité du travail (45%), les revendications ou tensions sociales accrues sur le sujet (36%), ou encore les comportements addictifs.

Preuve que les DRH ont encore du mal à percevoir le mal-être au travail dans sa globalité, 52% l’imputent à la multiplication de problèmes dans la vie professionnelle. Et, viennent seulement ensuite, l’augmentation de la charge du travail (49%), l’inquiétude pour l’avenir professionnel, la multiplication des contraintes dans le travail (48%), ou encore le manque de reconnaissance (41%).

A quelles solutions les services de ressources humaines songent-elles ? Alors que seules 42% des entreprises interrogées ont mis en place des mesures de prévention du mal-être au travail, 83% admettent, comme actions de prévention prioritaires, qu’il faudrait une amélioration des pratiques managériales de leur entreprise. 54% évoquent (une priorité pour 14% d’entre elles) des « dispositifs facilitant l’organisation de la vie professionnelle et privée », tels que des conciergeries en entreprise, des numéros Verts, avec une aide psychologique par téléphone, ou encore des crèches. Sont ensuite citées la réorganisation des procédures de travail (52%), puis la prévention des risques psychosociaux.


Source (Les Petites Affiches)