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  Edito - T'es.... ou TEPA CAP

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes tous, nous les transporteurs de « base » adhérents de l’OTRE, entre deux réunions, quelques simulations et l’obligation de « sortir » des fiches de paies à la fin du mois d’octobre 2007, pas très loin de dire :

TEPA dans la m…. !!

Pourtant, « Augmenter le pouvoir d’achat » des conducteurs routiers et plus largement de l’ensemble des salariés de notre secteur qui, travaillent plus … depuis fort longtemps, c’est une très bonne idée, nous avons à l’OTRE  mené ce combat là, dès notre création. Nous avons démontré à de très nombreuses reprises que, dans le contexte concurrentiel qui est le nôtre, la politique du « travailler moins » était un désastre économique, les dépôts de bilan et les délocalisations massives de flottes de ces dernières années sont là pour en témoigner, malheureusement.

C’est donc avec optimisme que nous avions accueilli les « promesses » puis les « annonces » de notre Président de la République. Quelques semaines plus tard, les échos du débat parlementaire en cours, à l’Assemblée nationale puis au Sénat ont quelque peu « rafraîchi » notre optimisme puisque les propos du Ministre de l’économie en charge de ce dossier, étaient sans ambiguïté, les fameuses « heures d’équivalence » du transport routier de marchandises, ne seraient pas concernées par le non moins fameux «  travailler plus pour gagner plus ».

Petit retour en arrière, les « heures d’équivalence » étaient à leur mise en place, le moyen négocié avec le ministre des transports du moment (Monsieur Gayssot), de déroger à la politique du « travailler moins » qui était dévastatrice pour notre secteur. Malgré plusieurs occasions possibles de remise à plat de ce système d’équivalence, en particulier lors de l’application en droit français, de la directive européenne des temps de travail dans le transport routier, qui rendait possible une définition des temps de travail européenne, la profession a préféré le statut quo.

Certes, les « heures d’équivalence » sont exclues du TEPA, mais après bien des bruits de couloir ou d’intox, savamment distillés dans la presse professionnelle, la profession dans son ensemble peut-elle s’enorgueillir, d’avoir obtenu l’application de réductions de charges patronales dites « FILLON » sur ces heures.

Mais aujourd’hui, à l’heure de l’application en entreprise, il faut bien reconnaître que le système proposé est une « usine à gaz » de plus, dans notre organisation d’exploitation.

Et une fois de plus, nous ferons de notre mieux pour nous adapter et faire en sorte de permettre à nos salariés, qui le méritent depuis si longtemps, de bénéficier du « gagner plus quand on travaille plus ».

Notre Président de la République pourra ainsi observer que les entreprises du transport routier de marchandises sont prêtes à relever le défi de l’augmentation du pouvoir d’achat de ses salariés.

Mais, l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés de notre secteur n’est rien, sans l’augmentation du pouvoir de produire de nos entreprises.

Le pouvoir de produire c’est la capacité de se développer en France et en Europe, d’investir dans du matériel respectueux de l’environnement, d’embaucher et de former du personnel de qualité, capable d’assurer la sécurité sur le réseau routier, et bien sûr de rémunérer ce personnel à la hauteur de ses compétences et de son engagement dans nos entreprises. Et tout cela, Monsieur le Président, nous n’en avons pas les moyens.

N’est-il pas temps de se pencher sur «  produire plus pour gagner plus » ?

 

Aline MESPLES