LA RUPTURE …
Chaque évènement important de la vie politique de la Nation, a fortiori une élection PRESIDENTIELLE suivie d’une élection législative, apporte son lot de promesses, d’amélioration, de changements, de RUPTURES par rapport à l’époque passée.
Celles que nous venons de connaitre, n’ont, bien sûr, pas fait exception à la règle. C’est pourquoi, forts de l’expérience et soucieux d’être informés, Les chefs d’entreprises ont décidé, lors du congrès de L’OTRE à Montpellier en février 2007, de proposer aux candidats de l’époque « un pacte du camion sympa et écologique ». Les candidats, « dits les plus importants », ont répondu par écrit et donc se sont engagés (voir le site de l’OTRE).
Mais ces débats passés,
Qu’est ce qui pourrait marquer, pour le transport routier français de marchandises, un véritable changement dans sa vie quotidienne ?
Qu’est ce qui pourrait démontrer une nette amélioration dans ses conditions d’exercice sur le terrain ?
Qu’est ce qui indiquerait incontestablement une rupture et redonnerait un avenir à la profession en même temps que confiance aux chefs d’entreprise et aux salariés du secteur ?
En premier lieu, la profession n’accepte plus d’être le bouc émissaire de toutes ou presque toutes les têtes bien pensantes de ce pays, mis à part les spécialistes du sujet. Je vais expliciter mes propos et les préciser.
Alors que notre secteur d’activité a consenti des efforts considérables :
Dans la formation des hommes, afin de laisser une part au hasard la plus faible possible et que la professionnalisation limite les risques.
Dans l’amélioration des matériels, au niveau de la sécurité aussi bien active que passive, au profit de ses salariés comme des autres usagers.
A-t-on le droit de monter en épingle chaque accident ou incident de la route impliquant un camion sans communiquer sa nationalité et sa responsabilité, de mélanger, pour ne pas dire aménager, les statistiques afin de ne pas reconnaitre la sureté des poids lourds, seulement présents dans 3,3% des accidents pour une représentation de 6,5% de la circulation ?
Pour nous c’est NON !
Dans le développement durable, avec des progrès techniques qui ont amenés les constructeurs à nous fournir des véhicules propres aux normes euro 4-5.
Dans le développement durable avec l’engagement des adhérents de l’OTRE dans le « PACSE ».
A-t-on le droit de mélanger, pour ne pas dire aménager, les chiffres et les études, afin de ne pas reconnaitre les progrès accomplis dans la préservation de l’environnement ?
Pour nous c’est NON !
Dans la recherche d’un transport routier du futur capable de satisfaire totalement notre société dans ses attentes économiques, environnementales, sécuritaires, un transport routier réinventé dans tous ses aspects.
A-t-on le droit de refuser d’étudier un projet comme l’ensemble modulaire ou « 25m 25 » comme vient de le faire le parlement européen sous prétexte de favoriser les transferts modaux ?
Pour nous c’est NON !
En second lieu, la profession n’accepte plus les mensonges et les manipulations.
Il est moralement inadmissible et économiquement suicidaire :
De comparer un mode idéalisé et incertain espéré pour les années 2020, au camion des années 60.
A cela, NON !
De faire croire au grand public qu’un transfert du mode routier vers des solutions 24 fois moins performantes en capacité de flux est possible.
A cela, NON !
De limiter volontairement les études d’impact environnemental à 30 ans, excluant ainsi les conséquences des déchets radioactifs et la mise sous silence du réchauffement des eaux douces par les rejets des centrales nucléaires.
A cela, NON !
En troisième lieu, la profession n’accepte plus que ses représentants se contentent d’accompagner son déclin, elle exige de pouvoir s’exercer et exister dans ce pays et pour cela elle réclame compétitivité, harmonisation, reconnaissance.
En résumé les professionnels du transport routier ne sont pas opposés aux autres modes de transport pourvu qu’ils répondent à une logique économique et soient techniquement fiables. Il est normal d’étudier, de comparer tous les modes de transport sur tous les plans aussi bien économique, social, écologique, sans rêver ou faire rêver, en tenant compte non pas de ses souhaits mais des réalités et de la faisabilité. Il est logique de promouvoir les modes de transports en fonction de leurs résultats objectifs. L’OTRE appelle de tous ses vœux une telle étude pourvu qu’elle soit confiée à des experts compétents et indépendants. Pour sa part, elle à fait connaitre, à Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy, son initiative en ce sens, par courrier du 3 juillet 2007.
En conclusion pour notre profession, le changement, le mieux-disant, la rupture seraient la normalité des « autres ». Pour nous c’est oui !
En attendant !
LE 2° « CHOC CAMION », LE CHOC DE L’IMAGE, VOUS EN SOUVENEZ VOUS ?
C’était le sujet de mon édito, l’année dernière, à cette époque, dans l’OTRE INFOS MENSUEL. Il est devant nous, avec en perspective LE GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT. Le transport routier n’a pas été invité en tant que tel à cette conférence, où il est, pour l’instant représenté par les organisations interprofessionnelles. Il sera pourtant probablement au centre des débats comme accusé. Serons-nous les nouveaux monstres brûlés sur le bûcher de l’Inquisition-Grenelle de l’environnement ?
L’OTRE le refuse et travaille afin de changer cette situation.
JP MORLIN