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Et maintenant ? Place aux actes …


Après une année de campagne électorale pour les élections présidentielles, puis législatives, nous voilà au moment du verdict des urnes et donc à la formation d’un nouveau gouvernement et d’une nouvelle politique, pour notre pays. Nouveau gouvernement, nouveau style et donc nouvelle direction pour le ministère des transports qui nous intéresse à nous, transporteurs.
Les dernières années de gouvernance de notre ministère de tutelle ne resteront pas dans les annales de notre profession. Malgré les bouleversements économiques vécus par notre secteur, à la fois sur le plan concurrentiel, technique et fiscal, malgré notre volonté de voir notre profession enfin reconnue et soutenue à la hauteur du poids économique qu’elle représente et des emplois qu’elle génère, peu de réformes de poids ou de réelles évolutions. Au mieux, des aménagements ont été réalisés, mais ils n’étaient pas à la hauteur des enjeux et de nos espérances.
Mais au fond, pourquoi notre secteur, pourtant largement composé d’entreprises privées, est il si dépendant des politiques mises en place dans nos  ministères ? C’est tout simplement, parce que nous sommes l’une des professions les plus encadrées et réglementées de notre pays. Utilisateurs du domaine  public, nous sommes  à ce titre, taxés, organisés, régulés par l’Etat qui oriente ainsi l’exercice de notre métier, dans les domaines techniques, fiscaux et sociaux.
Alors, c’est vrai, lors des périodes pré électorales, nous essayons de faire entendre la voix de nos entreprises et de leurs réalités. Puis, nous attendons de découvrir la composition des ministères concernés pour connaître : au mieux, les politiques de développement qui nous seront proposées ; au pire, les contraintes et les taxes que nous aurons à assumer.
Hélas, notre expérience a démontré que nous faisions le plus souvent l’objet de politiques coercitives et fiscales, argumentées par le « politiquement correct » du : « pour des raisons de sécurité, de protection de l’environnement et enfin pour le confort des citoyens de notre pays, il faut moins de camions sur les routes ». C’était le sens de toutes les politiques mise en place ces vingt dernières années, pour quel résultat ? Nous le savons tous, les camions sont toujours  plus nombreux sur nos routes, la seule conséquence étant que ces camions battent pavillons étrangers et sont conduits par des conducteurs européens, au mépris du droit social appliqué dans notre pays.

Dès mars 2006, lors de notre congrès de Paris, puis en février 2007, à l’occasion de celui de Montpellier, nous avons entamé un travail de réflexion et de propositions qui nous ont conduits à la rédaction du PACSE, sur lequel je ne reviendrai pas. PACSE qui démontrait de notre volonté d’inscrire notre secteur au cœur des questions de développement durable.

Nous sommes donc très satisfaits de voir que notre secteur est intégré au deuxième ministère du gouvernement constitué à ce jour, autour de ces questions d’environnement et de protection de notre planète. Nous avons salué la première initiative de Monsieur Juppé en charge de ce ministère, lorsqu’il a annoncé la réunion des « Grenelles de l’environnement ».
Nous souhaitons bien sur pouvoir participer à ces travaux et voir le pacte que nous avions  proposé à Monsieur Sarkozy, alors candidat et à ses équipes, être discuté de manière pratique.
Les premiers échos de mesures éventuelles nous concernant, taxe kilométriques et taxe carbone ne sauraient à notre avis, être l’unique réponse aux enjeux qui se présentent à ce nouveau gouvernement.
Je me permets de rappeler ici, que les entreprises de transports françaises ne doivent leur survie qu’à la volonté féroce de ses dirigeants et de ses salariés, de s’adapter encore et toujours, au contexte de concurrence disparate imposée sur le territoire européen.

Monsieur le ministre, une politique de développement durable dans notre pays qui se limiterait à la taxation d’un secteur, le nôtre, est vouée à l’échec,  nous n’avons pas la capacité d’assumer financièrement de telles taxes (nos marges sont entre 1 et 5 % pour les plus chanceuses).
Cette politique ne pourrait au mieux, qu’accélérer encore,  la disparition du pavillon routier français au profit des pavillons routiers étrangers, car vous savez que notre économie ne peut fonctionner et se développer sans transport routier de marchandises. Ces pavillons routiers sont-ils plus écologiquement compatibles que le notre ?
Nous souhaitons pouvoir en débattre avec vous lors des prochains travaux des Grenelles de l’environnement.


Aline MESPLES
Secrétaire OTRE