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Commissions : Transversales - de Gestion - Spécialisées

  Edito : Le pessimiste de rigueur...

A l’approche de cette fin d’année et après la Toussaint je m’inspire de cette fête pour écrire cet éditorial. Depuis trente sept ans je suis transporteur. Honnête et écoeuré, partagé entre la révolte et la mesure, je réussis à contrôler mon esprit, donc ma plume.

Révolte quand je regarde ce qu’est devenu le transport! Cette année le gouvernement n’a pris aucune mesure favorable à notre profession mais il a laissé casser, par le Conseil d’Etat, ce décret social tout de même assez consensuel. Puis il a augmenté des taxes, des charges, etc, etc.

Lorsque des entreprises réputées, pérennisées par plusieurs générations, sont d’un coup englouties ou déstabilisées par la crise économique, les pertes de marchés, la puissance de la bourse et la voracité de leurs concurrents qui les évincent parfois de chez leur premier voisin.

Entreprises sérieuses empêchées d’imposer aux chargeurs les lois ou décrets favorables,- paiements à 30 jours, prix de transports corrects, indexation du prix du carburant-, par des collègues de toutes tailles qui viennent démarcher et prendre leurs clients avec le mépris de ces règles comme argument commercial ; qui viennent également avec une armada de sous-traitants ou de conducteurs étrangers, à vil prix, et aux conditions de travail exécrables.

Entreprises qui, pour augmenter leur chiffre d’affaires et leur puissance, prennent du fret en cassant les prix de transport, ne rémunérant correctement ni leurs affrétés ni leurs salariés ; pas, ou peu, d’heures supplémentaires payées au tarif légal ce qui provoque, à juste titre, le courroux des syndicats de salariés, avec des conséquences pour toute la profession.

Révolte,  face au comportement de la classe politique de droite et de gauche qui nous sacrifie sur l’autel d’une hypothétique paix sociale et de la puissance industrielle de la France. Aux tracas administratifs, à la suspicion, au peu de considération des donneurs d’ordres pour qui nous sommes taillables et corvéables à merci. Plages horaires de chargements et déchargements réduites à peau de chagrin. Attentes insupportables qui explosent notre masse salariale.

Révolte face à l’incapacité d’établir, entre salariés et patrons, mais aussi avec les pouvoirs publics et les industriels, malgré les demandes réitérées de l’OTRE, un vrai dialogue social, commercial, honnête, constructif, tenant compte de la mondialisation de l’économie, des nouvelles technologies, des exigences des consommateurs et de la spécificité de notre métier.

Révolté par notre passivité, notre léthargie, notre suffisance. Nous subissons des ponctions, des affronts et coups bas, venus de partout sans réagir. Je pense, en cette fête des morts, à tous nos anciens collègues disparus qui ont, « sur le domaine public » lors d’importantes grèves, farouchement défendu notre profession. Ils doivent se retourner dans leur tombe. AMEN !

Mesure et réconfort lorsque je vois certaines évolutions techniques du matériel, sécurisantes pour les personnels et autres usagers de la route, respectueuses de l’environnement, lorsque des formations valorisantes sont dispensées aux êtres humains pour les » tirer vers le haut ».

Espoir à travers le travail acharné, l’abnégation, de femmes et d’hommes actifs ou retraités, élus, permanents, membres de commissions spécialisées qui, depuis la création de l’OTRE en 2000 -pour un autre syndicalisme professionnel efficace, respectueux de tous les maillons de la chaîne du transport, à l’écoute de la base et non de soumission-, autour de Jean Pierre MORLIN, tentent de relever, malgré d’innombrables embûches , le transport routier français. La bataille, loin d’être gagnée, ne le sera qu’avec la volonté de nous tous, dans l’union et en répondant à leurs appels. Je leur rends publiquement hommage.

Robert INNOCENT
Président syndicat de l’Ariège