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  Revue de presse : Ne vous fiez pas àl'embellie

NE VOUS FIEZ PAS A L’EMBELLIE

Une hirondelle ne fait pas le printemps. Et ce n‘est parce que quelques indices laissent entrevoir un léger mieux pour le transport routier qu’il faut en tirer des conclusions hâtives et se dire que tout va mieux. Et si le pire était à venir ?

Jean-Pierre MORLIN n’est pas un optimiste. La récente pénurie de camions et l’amélioration des prix qui en a découlé pourraient laisser penser que tout va mieux pour le transport routier de marchandises. Pour lui, il n’en est rien. «C’est ce que nos politiques font semblant de croire, alors que rien n’est réglé. Ce petit mieux risque bien d’être suivi par des lendemains qui déchantent », prévient-il.

« Le manque actuel de camions s’explique par plusieurs facteurs : un détournement du trafic des transporteurs de l’Est qui ont été attirés vers l’Ukraine et la Russie où la forte demande de transport de matières premières les a détournés de notre territoire. Autre origine de cette pénurie, le fait que même nos concurrents étrangers prennent des vacances. Ajoutez à cela que les entreprises françaises ont réduit leur flotte et que le nombre de chauffeurs est en baisse et on en arrive à l’actuel déséquilibre entre l’offre et la demande. »

Preuve d’un malaise.

Si dans l’immédiat, cette situation profite à la profession, elle souligne un malaise. «C’est la démonstration de notre incapacité à réinvestir s’il fallait. Nous n’avons plus de main-d’œuvre pour cela. Plus personne ne veut être chauffeur. Nous avons cassé durablement notre outil de travail », conclut-il sans cacher son inquiétude pour l’avenir.

Le GO va remonter.

La baisse du prix du carburant, «il ne faut pas s’attendre à la voir durer. Avec l’hiver les prix vont à nouveau augmenter. Et quand on me dit que cette baisse des carburants allait permettre aux transports, en stabilisant leurs prix, d’améliorer leurs marges, cela m’agace. Cela serait vrai si les transporteurs avaient réellement pu répercuter les hausses intempestives du carburant dans leurs tarifs, ce qui est loin d’avoir été le cas ». Bref, le président de l’OTRE ne croit pas à une réelle reprise de l’activité et estime que « la profession continue à aller vers de gros soucis, sur la durée… »

Pas optimiste, on vous dit.

Lu sur Lamy 2