Une drôle d'époque
Les époques sont diverses et nous en avons connues et ou vécues de très variées. Il y a eu des époques heureuses, d’autres à l’inverse tristes, certaines faites de progrès, d’autres de régression, des époques de guerre, des époques de paix, etc.… il ya même eu La BELLE EPOQUE…
Il ya bien sur l’époque passée, l’époque présente, l’époque future.
Mais en ce moment nous vivons une époque vraiment très particulière, une DROLE D’EPOQUE.
Une époque, à la fois éprise de liberté et sclérosée, où cette même liberté s’annihile elle-même.
Une époque où tout média nous permet d’être informé en temps réel de tout ce qui se passe à travers le monde entier, de connaître tous les pays mieux que si nous les avions visités, de se sentir citoyen du monde tout en perdant nos repères nationaux.
Une époque de médiatisation qui offre son éclairage partisan des événements et des problèmes aux personnes. Ces informations ne sont pas toujours traitées en fonction de leur importance réelle, ni, non plus, en tenant forcément compte de l’intérêt collectif.
Une époque de changements rapides sans précédent durant laquelle tout est allé trop vite. Les sciences, les techniques, tout évolue si vite que la Société a du mal à suivre, à s’organiser, y perdant ainsi de sa cohérence.
Qui ne s’est pas étonné devant ce monde fou qui détruit avant de reconstruire ?
Qui ne s’est jamais inquiété pour l’avenir, surtout celui de nos enfants ?
Qui n’a jamais regretté le passé qui était à nos yeux si proche du parfait ?
La question de cette évolution accélérée se retrouve partout (économie société, religion). Il n’est donc pas surprenant que notre secteur et notre activité, le transport routier, y soient confrontés aussi.
Au hasard je me permettrais de relever quelques images de-ci de-là.
Le carburant à plus de cinq francs ? Impossible ! Jamais nous ne l’accepterons ! il est aujourd’hui à quasi 1 € HT, et l’activité continue. Nous râlons bien sûr ! Qui s’en soucie !
J’ai le sentiment que, évidement, la vitesse des changements, la profondeur des mutations, ont coupé nos racines et perturbé nos fondamentaux, mais il me semble que, beaucoup plus encore, l’absence de perspective d’avenir, de but à atteindre, de rêve enfin ont supprimé tout espoir et velléité de lutte, d’effort afin améliorer l’avenir qu’il soit collectif, pour son entreprise, pour son entourage, et même pour soi.
Au vingtième siècle tout était clair, le passé était, comme il se devait, dans tous les domaines moins que l’avenir, qui, lui, était daté et presque connu par la fiction, L’an 2000 était bien évidement l’objectif de tous, voir le fruit à portée de main.
Dans la dureté du quotidien, de la vie, de l’économie, dans le transport routier français, et, en dehors de toutes les luttes de pouvoir, aujourd’hui il n’y a plus de date, plus d’horizon, même plus de passé.
Alors Monsieur le premier Ministre, écoutez enfin la demande que l’OTRE vous formule, avec raison, depuis déjà si longtemps, redonnez à nos entreprises l’espoir qui leur manque afin de relever les défis, par l’annonce d’un plan daté et chiffré de reconquête.
Si vous comprenez difficilement mes propos, c’est peut être que pour vous les éléments de la vie ne se trouvent pas à la même distance que pour nous. Dans ce cas ayez l’élégance de nous permettre de vous prêter notre vue qui est peut être basse mais qui permet de voir les détails et les écueils du terrain.
Nous sommes toujours à votre service pour le faire.
En attendant bonne vacances à tous, du moins à ceux qui en prennent, et une pensée pour les autres.
Jean-Pierre MORLIN
Président de l’OTRE