Pénurie : ''l'eau manque de camions''
Pénurie : "l'eau manque de camions" Principales victimes du manque de camions durant cet été, les industriels producteurs d’eau minérale tirent la sonnette d’alarme. La marchandise reste à quai ! Alimentée par les recommandations gouvernementales lors des périodes de canicule, la consommation des eaux minérales vient de battre de nouveaux records en juillet. Le groupement des industriels de ce secteur estime que la demande est passée de 266 millions de litres par mois à plus de 300 millions. Paradoxalement, cette embellie ne semble pas réjouir les producteurs, confrontés à une pénurie de camions français. "Ça finira mal !", prévient Jean-Christophe Arnaud, le p-dg de la source Parot à Saint Romain-le-Puy (Loire). "La marchandise ne part pas et, sur certaines destinations, en direction du sud ou du sud-ouest, nous refusons les commandes durant l’été car nous savons pertinemment que notre client ne trouvera pas de camions, malgré des hausses de tarifs de 15 à 20%. Si le métier de transporteur disparaît en France, il n’y aura plus de flux de marchandises entre certaines régions. Il faut tirer la sonnette d’alarme et réagir avant que la malade ne soit incurable... Mais je crains que le processus ne soit déjà bien engagé en France." La source du problème
Ce discours volontariste ouvertement tenu par ce chargeur détonne. Mais notre industriel avoue aussi une véritable passion pour les métiers du transport. "L‘Etat et les syndicats ont tué votre métier en imposant une législation sociale trop contraignante qui décourage les jeunes et les investisseurs. Il faut aider les transporteurs français, car le problème est hyper grave : ça sert à quoi de tuer le transport, alors qu’il y a des milliers d’emplois à créer ?", lâche notre chargeur désabusé. "Pour notre part, pour expédier nos 10 millions de litres (3.000 à 4.000 camions par an avec les appros), nous nous évertuons à montrer l’exemple avec des horaires de chargement plus souples, des confirmations d’enlèvement, un respect des procédures, des règlements plus rapides, dans le cadre d’une politique de partenariat avec des transporteurs locaux que nous préférons aux affréteurs sans matériel. Malgré cela, beaucoup n’assument pas leurs engagements l’été, notamment ceux qui étaient les moins-disants, voici quelques mois". Ce chargeur reconnaît qu’il a consenti ces derniers temps des hausses de tarif, tout en sachant qu’il ne pourrait pas les répercuter auprès de la grande distribution.
Quelles garanties ?
"La marchandise ne part pas, c’est un état de fait, et le problème est national dans notre secteur." Et Jean-Christophe Arnaud de s’interroger : "Je serais curieux de savoir s’il existe des sanctions lorsque les engagements contractuels ne sont pas respectés par les transporteurs ?" Lamy Publié le 08/08/06
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