C P E :
Une idée géniale non débattue servie à la sauce « chienlit »
La France procédurière continue à s’enfoncer à grands coups de « bêtise humaine ».Quand allons nous devenir constructifs ?
Il semblerait que nos jeunes aient des soucis pour trouver du travail. Si je m’en réfère à l’analyse de nos hommes politiques, c’est par manque de mesure adaptée pour eux.
Si j’y réponds plutôt d’une manière réaliste, et je l’espère sensée, j’ose dire que notre société a baissé les bras. Le ministère de l’éducation nationale se contente de barder nos jeunes de diplômes d’un niveau perfectible, et de surcroît les professeurs leur garantissent des salaires démesurés. C’est une hérésie de dire qu’il nous faut que des ingénieurs. Revenons sur terre ! Les métiers manuels peuvent mener à de très belles réussites.
Pour réduire le chômage des jeunes, l’Etat grand spécialiste de la « langue de bois », et de la politique de « l’autruche », a demandé à ses grands spécialistes d’usines à gaz, que sont les hauts fonctionnaires zélés, de nous pondre une nouvelle mesure. Une de plus me direz-vous, il y en aura bientôt autant que les lignes de charges sur nos bulletins de paie. Voilà donc tout frais émoulu notre CPE (Contrat de Première Embauche).
A l’heure où notre pauvre pays aurait besoin de retrouver compétitivité dynamisme et innovation, le gouvernement toujours aussi peu en phase avec la réalité des choses, nous balance ce nouveau plan sans concertation préalable. Nos ministres ont bien sûr comme toujours la science infuse. Leur politique maladroite et dédaigneuse a ses limites et ses conséquences.
La réflexion pertinente de donner de la souplesse aux entreprises pour embaucher des jeunes est louable. Mais quand on impose, on s’expose à la rébellion. A quelques mois des prochaines présidentielles, l’opposition relayée par le corps enseignant, a vite compris que l’occasion de récupérer des voix était trop belle pour s’en priver. Il fallait impérativement profiter de cette maladresse pour déstabiliser le gouvernement. Les jeunes et le CPE pouvaient devenir de parfaits détonateurs.
Il s’en suivit bien évidemment que, dans tous les coins de rues, le CPE à la sauce « chienlit » allait être servi.
Encore une fois en France on a tout fait à l’envers. Plutôt que d’imposer, n’aurait-il pas été plus judicieux d’expliquer et de composer ? Je crois encore au débat honnête autour d’une table. Je crois à la concertation, je crois au partage des idées, je crois enfin au respect mutuel et à l’intelligence de l’homme. Il ne faut pas faire l’amalgame entre la politique de recrutement de certains grands groupes, avec la façon de recruter dans nos PME à taille humaine. Nous n’embauchons pas des jeunes, pour les remercier deux ans plus tard sans autre forme de procès. Je ne m’étendrai pas plus sur ce dossier brûlant monté en épingle par tous, et qui d’une dimension économique, a pris une dimension politique, à partir de là, attention danger…
La France vit encore sur les réserves d’un passé glorieux, notre pays ne pourra plus continuer très longtemps à acheter les produits finis en dehors de ses frontières, nous ne pourrons pas garantir longtemps le paiement de nos engagements au titre de la protection sociale sans créer de la richesse. Les allocations de chômage, les RMI, ou les départs en préretraite sont de formidables mesures de solidarité nationale quand elles sont justifiées. Mais cela devient une calamité quand on relâche les contrôles. Notre laxisme nous coûte très cher. Il est temps de faire comprendre à tout citoyen l’importance du travail, et qu’un salaire se gagne au prix d’un effort permanent
Je suis persuadé que notre France retrouvera sa compétitivité lorsque tous les partenaires économiques appliqueront la politique du respect mutuel et du parlé vrai. Enfin il est peut-être aussi temps de faire comprendre à tous les décideurs de notre pays, en particulier à ceux des grandes multinationales, ou des administrations que les salariés ont besoin d’être appréciés et reconnus.
Il est important d’expliquer à nos collaborateurs, comment avec solidarité et avec l’esprit d’équipe on arrive à faire gagner de l’argent à une entreprise. A ce stade, il faut avoir le courage de mettre en place des mesures simples, pour que, du bas jusqu’en haut de la pyramide, tous les acteurs du succès reçoivent un intéressement.
Respect et valorisation de l’homme, confort de travail, et paix sociale sont pour moi synonymes de qualité et de productivité.
Vous allez me qualifier de candide, d’utopiste, ou de rêveur, quoiqu’il en soit il est toujours bon de rêver. Mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée, que le salut de nos entreprises ne viendra qu’en appliquant cette politique de l’écoute de la concertation et du partage.
Après, à chacun de prendre ses responsabilités en vendant son produit au juste prix. Nous sommes des chefs d’orchestre, à nous de tirer la quintessence de l’orphéon.
Bernard LATASTE
Président du GTR 64 B