2 ROUES : + POLLUANTS QUE LES PL
Pour ce qui est de la livraison en ville, les plus gros camions sont ceux qui polluent le moins. Au palmarès des émissions de CO2, les PL arrivent bons derniers après les 2 roues et les voitures.
Les transporteurs de marchandises ont été multipliés par 1 000 en un siècle et demi. Il n’est plus un produit qui soit purement local, qui n’utilise pas un moyen de transport entre lieu de production et lieu de consommation.
L’Ademe, Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie, cite en exemple le trajet de pommes de terre cultivées en Hollande qui vont se faire éplucher en Italie pour revenir se faire frire en Belgique… « Le différentiel de coûts de main-d’œuvre est toujours supérieur au coût du transport, car son coût réel n’est toujours pas intégré dans les coûts finaux des produits que l’on achète », constate Alain Morcheoine, directeur de l’Air, du Bruit et des Transports de l’Ademe.
Le Yaourt grand voyageur.
Or chaque produit génère un coût en émissions de gaz à effet de serre qui varie suivant l’organisation de la chaîne logistique. Parfois, un produit aussi banal qu’un yaourt aux fruits parcourt un nombre impressionnant de kilomètres avant de finir sur notre table… Si l’on tient compte des trajets parcourus par toutes les matières indispensables à sa production (fruits, lait, levure, pot, étiquettes …), le yaourt aux fruits aura parcouru 9 115 kilomètres et consommé de quoi faire rouler un poids lourd de 40 tonnes pendant 21 mètres ou une voiture pendant 125 mètres…
Pas surprenant alors qu’entre 1990 et 2000 le trafic de marchandises a progressé de 30 % en France et même de 70 % pour le trafic en transit. Sachant que le transport en marchandises en ville est responsable de 50 % du gazole consommé, de 26 % des émissions de gaz à effet de serre et de 35 % des émissions de CO2 (voitures particulières et camions), les pouvoirs publics cherchent à régir.
Interdire les PL en ville serait contre-productif.
Mais cette réaction n’est pas toujours la meilleure. On aurait ainsi tendance à s’en prendre d’abord aux camions. Erreur, estime l’Ademe, car les plus gros pollueurs en ville seraient, pour la livraison urbaine, les deux roues, loin devant les automobilistes. Les fourgonnettes arrivant ensuite devant les poids lourds. « La livraison ou le portage à domicile est plus efficace en terme de pollution que l’achat en voiture individuelle. » Voilà qui devrait faire s’interroger ceux qui veulent interdire la livraison en ville par les camions et qui, ce faisant, risquent d’obtenir des résultats contraires à ceux escomptés : une hausse de la pollution en raison de la multiplication du nombre de véhicules devant livrer au même moment et aux mêmes heures.
Lu dans LAMY 2 – le 28/03/2006