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Les transporteurs en colère !


Rédacteur : Dominique Geffray (13/03/06)


“Et de six ! Et à Paris ! Nous sommes là, et pour longtemps“, s'est exclamé le président Morlin du haut de la tribune du congrès de l'Otre, qui se tenait à Paris samedi. Cette fois, le ministre était représenté par M. Pierre-Alain Roche, directeur des Transports maritimes, routiers et fluviaux...

Ce congrès de Paris fera date, car il a été en tout point réussi. Il a été studieux et résolument tourné vers le futur. Comme à l'accoutumée, la salle a eu la parole et chacun a pu s'exprimer... Et là, on a senti la colère monter contre l'inertie du gouvernement, et plus encore contre le ministre des Finances, dont l'attitude est jugée ici "inadmissible". Du coup, Perben, qui remonte dans l'estime des dirigeants de l'Otre, a été épargné. Mieux, il fait désormais figure d'allié de la profession.

Cette colère, dont le président Morlin s'est fait le porte-parole devant le représentant du ministre, va déboucher sur une série d'actions. Ecoutons le président de l'Otre.

"Monsieur le ministre, il ne s'agit en aucun cas pour nous de dresser, lors de congrès, un catalogue de revendications conjoncturelles, mais plutôt de parler vrai. Car, pour trouver les vraies solutions, il faut avant tout poser les vrais problèmes..."

Les raisons de la colère

"Le parler vrai, Monsieur le Ministre, m'oblige, en préambule, à vous exprimer toute la colère des chefs d'entreprises du transport routier français, face à l'attitude et au mépris des gouvernements successifs pour notre profession.
Depuis plusieurs années, nous attirons l'attention des pouvoirs publics sur les problèmes structurels que nous subissons. Ces difficultés ne sont pas de notre responsabilité et nous sommes dans l'incapacité totale de les résoudre sans l'aide de l'Etat [...].

Monsieur le Ministre, nous sommes en colère, car les punitions du ministre des Finances [...] sont une injustice vis-à-vis d'une profession qui n'a pas démérité et qui se bat depuis des années pour la survie de ses entreprises et de ses emplois [...].

Monsieur le Ministre, nous sommes en colère car, au final, les vrais problèmes de notre profession, ceux que chacun de nous subit jour après jour [...], ne sont pas résolus et ne sont même plus à l'étude..."

L'appel au ministre

"Monsieur le Ministre, nous avons besoin de vous !
Il faut convaincre le gouvernement français de l'urgence de la situation afin de répondre favorablement aux chefs d'entreprises qui, le 28 septembre dernier, ont demandé le retour à la compétitivité pour leurs entreprises [...]. Politiquement, vous avez encore 13 mois pour agir [...].
Vous l'avez compris, la plate-forme présentée par l'UPR en 2005 est l'objectif à atteindre dans les délais les plus brefs : il n'y a pas d'autre alternative."

Une mesure indispensable

"Monsieur le Ministre, en conclusion je reviendrai sur une mesure qui me semble absolument indispensable : nous attendons un engagement de votre part sur un calendrier rapide qui permettra aux transports routiers français non seulement de ne pas disparaître, mais de redevenir ce qu'ils étaient. Cet engagement dans le temps permettra aux transporteurs de prévoir. Prévoir, indispensable condition pour gérer. Ce qui leur redonnera l'espoir, la force et l'envie d'aller de l'avant..."

A l'issue de son allocution, le président Morlin a eu droit à une superbe standing ovation de la part d'une salle comble et comblée.

Nous évoquerons les actions prévues par l'Otre dans notre édition de midi sous le titre : "Ils vont manifester à la Pentecôte".