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Ils manifesteront à la Pentecôte !


Rédacteur : Dominique Geffray (13/03/06)


Les transporteurs de l'Otre ont décidé à l'unanimité de manifester le jour de la Pentecôte. Ils vont envoyer, à cet effet, “un préavis de travail“ au gouvernement. Ils souhaitent que cette journée d'action se fasse dans l'union avec les autres organisations. Et elle va être précédée d'autres actions...

Tous les ingrédients sont réunis pour que les transporteurs montent au créneau, le lundi 5 juin, car ce jour-là est un jour travaillé pendant lequel il leur sera interdit de rouler... Une aberration qui constitue une provocation insupportable, mais aussi un détonateur idéal pour l'organisation de manifestations. "Le seul moyen de se faire entendre dans ce pays, c'est la rue", tonne le vice-président de l'Otre, Jean-Pierre Ducourneau, qui fait souffler l'esprit de la révolte sur les transporteurs. De son côté, Gérard Enel, président de l'Otre Ile-de-France, évoquant le "carnage" provoqué par 2.000 dépôts de bilan, lance cet avertissement : "Qui sème la misère, récolte la colère". Dans ce contexte, la colère que suscite l'attitude de Thierry Breton constitue une véritable cerise sur le gâteau du mécontentement ambiant. Rappelant que l'on n'est pas dans une cour de récréation, mais dans un secteur professionnel essentiel qui connaît de graves difficultés, l'Otre exige que le ministre des Finances respecte ses engagements au lieu de jouer les maîtres d'école courroucés. Elle demande par ailleurs que tous les grands problèmes de la profession soient réglés par la mise en oeuvre des mesures contenues dans la plate-forme de l'UPR, avant l'ouverture de la campagne électorale pour la présidentielle. Elle se réserve éventuellement la possibilité d'y mettre son grain de sel, rappelant au passage que les électeurs deviennent alors "des employeurs" et que ce sont eux qui décident ou non du "renouvellement du contrat de travail" des politiques. C'est, à notre connaissance, la première fois qu'une organisation professionnelle va aussi loin sur le terrain politique : il faut franchement que le ras-le-bol soit à son comble.

En attendant, plusieurs actions sont d'ores et déjà prévues :

- Un nouveau courrier va être adressé à Dominique de Villepin en recommandé AR par l'Otre pour le mettre en face de ses responsabilités. Tous les transporteurs, qu'ils soient ou non membres de l'Otre, sont invités à envoyer à leur tour en recommandé AR ce courrier signé de leur main au Premier ministre. Bien entendu, plus il en recevra, mieux ce sera. Il s'agit d'une action sans risque qui demande à chaque professionnel un effort et un investissement minimums, mais qui, si elle est suivie à la lettre, peut avoir des effets extrêmement positifs. Il reste à espérer que cette mesure passera comme une lettre à la poste auprès des transporteurs...

- Viendra ensuite la journée d'action de la Pentecôte : puisse l'Esprit Saint éclairer les dirigeants de l'Otre pour qu'ils trouvent des modes d'action originaux et efficaces !

- Puis, tout au long du printemps et de l'été, vont avoir lieu des actions de sensibilisation à répétition sur les élus nationaux et locaux, dont on connaît la sensibilité exacerbée en période électorale...

- Si besoin est, la période électorale pourra être utilisée pour accroître la pression sur ceux qui n'auraient pas compris les messages de la profession et l'urgence des mesures nécessaires pour sauver les entreprises et préserver les emplois du secteur.

L'Otre souhaite que l'union de la profession puisse se faire autour de ses propositions et que les autres organisations fassent à leur tour des propositions d'action. Bien entendu, l'UPR, à laquelle l'Otre a rappelé son appartenance et son soutien, est concernée au premier chef. Mais la porte "reste grande ouverte à tous les autres transporteurs, qu'ils soient syndiqués ailleurs ou non. Car l'union se fera avant tout sur le terrain, en régions, où les transporteurs se connaissent bien car ils partagent les mêmes difficultés quotidiennes et les mêmes inquiétudes."

Gérard Henel, président du GFTR, qui a accueilli le sixième congrès de l'Otre à Paris samedi, concluait, sous un tonnerre d'applaudissements, par ces mots mobilisateurs : "Nos difficultés sont bien réelles. Si nos motifs d'insatisfaction sont tout aussi tangibles, nous ne devons en aucun cas nourrir un sentiment de découragement et devons continuer à nous battre. Comme l'a écrit Berthold Brecht : Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu".