ATTENTION AUX PREDICTIONS
Généralement, les prophètes de la profession prennent leurs désirs pour des réalités et se plantent en beauté.
Ainsi, il y a six ans, lorsqu’un mouvement de transporteurs est né dans le Sud de la France, certains, à Paris lui donnaient au mieux quelques mois de survie…
Lorsqu’ils comprirent leur erreur, il était trop tard : l’OTRE existait, je l’avais rencontrée.
Après Carcassonne, Toulon, Bordeaux, Toulouse, Poitiers, elle va tenir son sixième congrès à Paris le 11 mars prochain. Elle aurait pu le faire dans la salle Bordeaux du Palais des Congrès de Paris, lieu que connaît fort bien le ministre des Transports… Non, elle a préféré l’organiser à l’Espace Cap 15, quai de Grenelle. Résultat, le ministre n’ira sans doute pas. Pas assez chic, l’endroit ? Trop loin ? Déconseillé par des amis très branchés ?
Peu importe. L’OTRE, qui a, depuis longtemps, acquis une stature nationale, n’avait pas besoin de venir à Paris pour la confirmer. Mais Paris vaut bien un congrès. Cette organisation, à laquelle le pouvoir, guidé par on ne sait quel esprit malin, a toujours refusé sa reconnaissance, a fait son chemin. Les traitements parfois dignes d’une république bananière qui lui ont été infligés n’ont fait que renforcer sa détermination et le courage de ses dirigeants a suscité l’admiration de nombreux professionnels. C’est une organisation démocratique et transparente qui n’a rien à voir avec une annexe du ministère ou une succursale de l’administration. Elle est dirigée par des transporteurs qui se sont mis au service de leurs collègues pour faire avancer les choses avec eux, en tenant compte de leurs avis, en les associant à toutes les décisions, en les tenant informés honnêtement des échecs et des victoires.
Ceci posé, l’OTRE, comme toute organisation professionnelle, a des défauts, parfois prodigieusement agaçants (son côté boy-scout, ses obsessions – la reconnaissance, puis l’union, son caractère boudeur et têtu, sa susceptibilité exacerbée, sa maladie de la persécution …). C’est d’ailleurs, pourquoi je ne me prive jamais de la critiquer…quand je pense que cela peut lui être utile. Que bene amat, bene reprimandat (dixit un vieux proverbe latin).
On m’a parfois accusé de favoritisme à son endroit : je ne le pense pas. Ce qui est vrai, en revanche, c’est le fait que j’éprouve de la sympathie pour elle. Car lorsque j’ai créé Flash Transport il y a 18 ans, j’ai eu affaire aux mêmes types de détracteurs qu’elle. Ces braves gens disaient gentiment : "Dans trois mois, ce machin aura disparu et on sera tranquilles…" C’est ce qu’on appelle une légère erreur de calcul : je me rappelle encore parfois à leur bon souvenir. S’ils s’étaient donné la peine de lire les prophéties d’Unostradamus (il parle de l’évolution du Flash jusqu’en février 3002), ils auraient mesuré qu’a défaut de les éblouir, le Flash Transport n’a pas fini de jeter une lumière crue sur tout ce qu’ils souhaiteraient parfois voir rester dans l’ombre. C’est ce que d’aucuns appellent " les coups de Flash ". A bon lecteur ….
Lu sur Lamy 2
25/01/2006