L’HEURE DE VERITÉ A SONNÉ !
En d’autres termes, les transporteurs se rendent bien compte qu’ils ont été bernés depuis des années par les politiciens qui se sont succédé à la tête de l’Etat. Par ailleurs, la politique de Robien et de Perben a atteint ses limites : elle ne fait plus illusion. Enfin les transporteurs de base veulent l’union de la profession.
C’est, en substance, l’analyse qu’a faite Jean-Pierre Morlin, président de l’OTRE, samedi à Pau, devant quelque 300 transporteurs venus assister à l’assemblée générale du groupement professionnel des transporteurs routiers du Béarn. Visiblement, M. Morlin était ému par le départ en retraite de Gérard Mouchard, bien sûr, mais aussi parce que c’est dans ce palais Beaumont que s’est tenue, il y a cinq ans maintenant, la première grande réunion de l’OTRE. Ceux qui ont vécu ces évènements (j’ai la chance d’en avoir fait partie) ne sont pas près d’oublier. C’était donc, pour le président de l’OTRE, l’occasion de se rappeler le chemin parcouru depuis qu’il a lancé avec d’autres ce mouvement. Certes l’OTRE n’est toujours pas reconnue, mais à quoi servirait-il de l’être par le roi criblé de dettes et qui se meurt ?
Qui peut aujourd’hui, sans se ridiculiser, nier l’existence de l’OTRE ? Ceci est d’autant plus vrai que ses idées ont été récupérées par beaucoup ici et là. N’est ce pas le principal ? Et puis l’OTRE a appelé très tôt à l’Union, position qui a amené à la constitution du G4 avant que l’essai ne soit transformé par la création de l’UPR, qui ne fait plus rire du tout.
Cette nécessité d’union, chacun en est bien conscient aujourd’hui. Sur le terrain, peu de problèmes pour y parvenir. Mais les freins parisiens ont bien du mal à se desserrer. Certains qui ont rejoint récemment le peloton, affichent une volonté unioniste, n’est telle pas opportuniste ?. Force est en tout cas de constater que sur le problème de la récupération de la TVA sur les péages d’autoroutes, où l’union était facile à réaliser puisqu’il s’agit d’une question technique, les organisations professionnelles ont montré une fois de plus leur incapacité à travailler et communiquer ensemble. Il s’agit là d’un problème majeur. Si on veut sauver la profession, il faut se faire une raison : les choses bougent de plus en plus vite, il faut cesser de s’arc-bouter sur un passé révolu.
Bref, comme le dit si bien le président Morlin, " l’heure de vérité a sonné " sur bien des points. Ce faisant, elle a réveillé les transporteurs, les sortant d’une profonde torpeur. Ils doivent à leur tour agir vigoureusement sur leurs instances nationales, sur le ministre des transports et sur son administration, afin que cesse cette politique désastreuse du passe-moi le sel, je te passerai le poivre plus tard…Il convient désormais d’inverser cette donne, quitte à sacrifier ses tenants sur l’autel de l’union. Car, comme disait le Général, " On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ".
Lu sur Lamy2 07/12/2005