« LE MOT DE LA FIN »Tout d’abord, encore MERCI pour toutes ces marques de sympathie et d’affection que vous venez de témoigner, avec tant de générosité, à moi et à toute l’équipe qui a travaillé avec vous dans les différentes structures.
Le secrétaire général que je suis, pour la première fois, fera le discours de clôture de l’Assemblée Générale.
J’espère pouvoir aller au bout sans que l’émotion ne me submerge trop car il est vrai qu’avec tant d’effervescence, ma faconde habituelle risque d’en prendre un fameux coup ! Vous avez toujours dit que je parlais beaucoup (voire trop !), il ne faudrait pas que je vous déçoive !
Quand je suis arrivé ici, parmi vous, j’avais 35 ans et aucune idée de la retraite qui arriverait un jour – voilà, c’est fait !
Pour faire une comparaison avec le rugby : on pense à la finale toute la semaine, elle ne dure que 80 minutes, elle est gagnée ou perdue – mais on ne la refait pas.
Je suis issu d’une famille de petits commerçants qui avait beaucoup souffert du début de la pénétration des grandes sociétés, jusqu’à être obligés de fermer.
Mon premier emploi, après un DEUG de droit, était celui de contrôleur des transports (sur route) ; ensuite j’ai été contrôleur principal (contrôles sur pièces), puis j’ai fait de la formation dans les transports. C’est là que Monsieur SAYOUS, mon prédécesseur, avec Jean LAMAYSOUETTE, mon premier président, m’ont recruté.
J’ai été alors parrainé par Christian VEYSSIERE, alors secrétaire général de la Dordogne, qui m’a guidé remarquablement dans mes premiers pas.
(Ceci explique pourquoi Sylvie, actuelle secrétaire de la Dordogne, peut me poser toutes les questions qu’elle veut, je lui apporte les réponses avec autant de plaisir qu’il l’avait fait pour moi voilà maintenant 26 ans !).
J’arrivais donc dans un métier que je ne connaissais pas, croyant savoir des choses. La suite de ma vie professionnelle m’a appris - comme dans la chanson - que je ne savais rien ou pas grand’chose, que chaque jour amenait son problème à régler et le doute ne m’a plus jamais lâché.
Je venais du Sud et j’arrivais dans le Sud-Ouest. Pendant au moins trois ans je me suis demandé si j’allais pouvoir m’adapter aux béarnais et aux basques que je devais côtoyer :
Première réunion en Pays-Basque : toutes les discussions en basque pour tester ma résistance ! Certains dans cette salle s’en souviennent encore ! … et moi aussi !
Et dans le Béarn, les murs sont hauts, on ne parle pas trop, il faut le temps d’analyser et de sonder !
Mais, dès que les basques se sont mis à me parler en français et que les béarnais ont commencé à m’inviter dans les palombières, j’ai su que le courant était passé et que je pouvais continuer ce que j’appellerais, de façon peut-être un peu présomptueuse : « ma mission ».
J’y ai découvert un métier et une activité que je ne connaissais pas : le transport de voyageurs. Si je ne le connaissais pas, lui m’a vite connu et pris une bonne partie de mon temps !
Je vois aujourd’hui dans cette salle bon nombre de transporteurs de voyageurs « nouvelle génération ». Pour la plupart, je les ai eu comme élèves Attestation de Capacité. Ils ont tous eu leur examen, et j’en suis assez fier ! Certains doivent se rappeler les parties homériques que nous avons faites ensemble !
Cette pérennité des entreprises est une de nos plus grandes satisfactions.
L’autre activité de nos adhérents, celle du Transports de Marchandises, ne présente pas du tout la même approche, ni au niveau des entreprises, ni au niveau de l’activité.
La plus grosse difficulté consiste à essayer de faire cohabiter des personnes se retrouvant sur le même marché. Le Syndicat, s’il ne résout pas tout, facilite quelques fois ce dialogue.
C’est le type d’entreprise « à taille humaine » qui nous est resté le plus fidèle depuis plus de 20 ans. Et c’est dans ce type d’entreprise que le dirigeant s’implique jusqu’à son dernier sou et qui, cela m’a toujours étonné, a une résistance hors du commun aux évènements de cette vie professionnelle.
Vous êtes, Mesdames et Messieurs les Adhérents, remarquables de volonté, de vaillance et d’abnégation.
Vous êtes, pour la plupart, d’anciens conducteurs qui ont eu le courage de tenter l’aventure du patronat. Les temps, aujourd’hui sont encore plus difficiles qu’hier. Je me demande encore comment vous faites pour être toujours là et tenir le coup !
A titre personnel, on aura toujours besoin du transport et vous serez ceux qui le feront demain. Pour montrer l’importance de ce métier, il aurait fallu s’arrêter de fonctionner, ce serait-ce qu’un semaine et là, les ennemis du transport routier, qui sont très nombreux, auraient vu à quoi nous servons !
Cette activité m’a permis de côtoyer, dans divers domaines, des personnes que j’ai pu apprécier pour leur compétence, leur droiture et leur valeur humaine. Sans les citer, avec eux nous avons, par exemple, des contrats annuels qui ont duré 15 ans sans être dénoncés et en sauvegardant les intérêts des parties ; d’autres, par exemple, je leur posais des problèmes réglementaires : ils me renseignaient toujours avec beaucoup de gentillesse… et ainsi de suite pour tous ceux que j’ai pu mettre à contribution… Je ne citerais qu’un nom, celui de Georges Ravier, disparu bien trop tôt et avec qui nous nous comprenions sans avoir besoin de développer.
Vous tous ici, vous garderez chacun un souvenir plutôt qu’un autre des actions menées en commun : le champagne au milieu du Tunnel du Somport…, une réunion à Bedous avec éleveurs, chasseurs, transporteurs et députés verts européens…, un pique-nique sur le Champs de Mars…, une nuit glaciale à Acous …, la Campagne de Saumur… etc, etc.
Tout le travail accompli depuis ces 26 années passées n’a pu l’être que grâce à une équipe.
Elle se compose de professionnels, totalement bénévoles, membres de nos différents conseils d’administration, avec un volontaire pour être président. Comme diraient certains, ils s’occupaient de leurs collègues pendant que leurs collègues s’occupaient de leurs clients ! Bien entendu, ce n’est pas vrai !...
J’ai, quant à moi, « usé » un certain nombre de présidents. Chacun a marqué son passage à sa manière et je n’ai, personnellement, qu’à me féliciter des rapports que j’ai pu avoir avec eux.
Je citerais, par ordre d’entrée en scène :
Jean LAMAYSOUETTE
Edmond LABEDAN
Jean-Claude TASTET
Henri VIRMOUX
Edmond LAMAYSOUETTE
Francis VERDY
Pour le Groupement,
Marcel MARANDET
Hilaire LAPORTE
Yves BORDENAVE
Pour l’U.P.A.T.S.
Jean PETRIAT
André GEZE
Philippe DUBERGE
Pour le G.I.E.
Je parlerai plus loin des présidents actuels, toujours en place.
Nous sommes la génération qui est passée de la réglementation coordination transports la plus encadrée possible … à la liberté européenne la plus totale.
La deuxième partie de l’équipe, ce sont les collaboratrices qui m’ont entouré (et supporté) tout au long de ces années :
C’est Cathy TORRES qui était là la première, déjà en place quand nous sommes arrivés. Elle part en même temps que nous.
Puis Nanou MOUCHARD est arrivée en 1980, presque en même temps que Dany MORALES qui, malheureusement nous a quittés, il y a dix ans déjà, victime de la maladie du siècle. Dans une petite équipe comme la nôtre, il est bien difficile de remplacer une personne qui était le bout en train, l’âme du groupe. Elle aurait tant aimé être ici avec nous ; aujourd’hui, Cathy, Nanou et moi pensons très fort à elle.
C’est Cécile CASTERES qui lui a succédé, puis maintenant, Nadine BERNADETS que tous ici, j’en suis sûr, apprécient. Isabelle MARTINEZ est là aussi, pour compléter la nouvelle équipe.
Et c’est Béatrice MONSEMPES que vous découvrez aujourd’hui pour certains d’entre vous, qui prendra ma succession en cette fin d’année.
Je souhaite donc « bon vent » à ce nouvel équipage, et, je n’en doute pas, vous saurez les aider dans leur mission.
A l’heure actuelle, Hilaire LAPORTE pour les voyageurs et Claudine AUTAA pour les marchandises, président le Groupement, tandis que Jean-Pierre BIDEGAIN est le président de l’U.P.A.T.S. et André GEZE celui du G.I.E. des transporteurs.
Grâce à eux et à leurs prédécesseurs, vos groupements continuent de vivre. Nous avons ensemble, dans un esprit de confiance et d’amitié, travaillé pour que notre profession survive aux embûches et garde sa dignité.
Aujourd’hui, dans cette Assemblée si nombreuse, je remercie tous ceux qui ont pu venir, certains de très loin, ou qui nous ont adressé des mots d’une gentillesse rare. Si je devais les nommer, je ne pourrais le faire sans en oublier involontairement. A tous, je voudrais dire en mon nom et au nom de la profession toute entière, combien j’ai apprécié ces relations de travail toujours empreintes d’humanisme.
Que vous soyez élus, responsables administratifs, syndicalistes ouvriers, mes collègues ou présidents de syndicats amis, sachez que dans toutes nos relations s’est greffée la notion d’amitié : sinon vous ne seriez pas là … et moi non plus ! Nous avons travaillé en confiance, avec toujours l’intention de construire, même si par moment, cela pouvait paraître à contre-courant.
A ce niveau de mon intervention, et puisque je viens de parler d’amitié, il faut que je parle aussi d’inimitié. Ceux-là n’ont pas été invités. Pendant 20 ans, j’ai été le serviteur d’une profession et d’un organisme de formation. Ce dernier, bras armé de la FNTR et disposant de moyens financiers énormes collectés auprès des entreprises de transport, a écarté d’un revers de main leur fidèle serviteur, sous prétexte qu’il « n’était plus dans l’esprit de la maison »… Ils ont même eu l’impertinence de dire, Messieurs PROLONGEAU, GRASSET et JAFFRENOU, que « je leur mangerai dans la main ». Nous avons donc rompu toutes relations avec ces profiteurs de la profession et, avec l’appui du Conseil d’Administration, nous avons commencé à travailler avec FAUVEL-FORMATION, organisme correspondant parfaitement aux entreprises que vous représentez.
C’est un peu ternir cette soirée que de rappeler un si mauvais moment, ainsi que celui de notre exclusion de la FNTR, mais quand on est un vieux soldat, on n’apprécie absolument pas d’être jeté, simplement parce que l’on défend une juste cause. En fait, Monsieur DENEUVILLE, sachez que vous m’avez rendu service en me permettant ainsi de finir ma carrière dans la dignité.
A contrario, tout ceci a permis de resserrer, dans la minorité, des énergies que nous ne supposions pas. Hilaire LAPORTE, Jean-Pierre MORLIN, vous savez ce que veut dire tant de dévouement et d’énergie. Vous m’avez quelque fois mis à contribution : cela m’a fait un énorme plaisir car, au risque de me répéter : la dignité n’a pas de prix.
Pour vous, mes adhérents, qui êtes venus aujourd’hui en famille, c’est votre présence le plus beau des cadeaux. Vous m’avez permis d’exercer un métier que j’aime, pour des gens et des entreprises que j’aime et qui me l’ont bien rendu. Tout cela dans un respect et une estime mutuels qui ne se sont jamais démentis.
Enfin, je voudrais associer à tous ces remerciements, ma femme Nanou, pour sa patience, son dévouement, sa présence apaisante et son attention de tous les instants qui m’ont permis de traverser sans trop de dégâts les moments difficiles qui n’ont pas manqué ; mes artistes d’enfants (artistes chacun à sa façon) Xavier et son épouse Sandrine qui vous préparent le repas de ce soir en y mettant tout leur cœur et Isabelle, comédienne et danseuse, qui représente pour moi un soutien magnifique dans tous les moments de ma vie.
Je ne leur ai pas toujours consacré le temps qu’il fallait et qu’ils méritaient. Ils ont su le supporter et me garder leur amour. Ma retraite permettra de mieux les accompagner et aussi que Papi se consacre enfin un peu plus à son petit Romain.
Voilà ce que je voulais vous dire, en toute simplicité.
Jamais je n’aurais pensé que vous seriez si nombreux aujourd’hui…
MERCI
Gérard MOUCHARD
03.12.2005