Editorial
OUI ou NON Le rejet du projet de constitution européenne par une très grande majorité de français le 29 mai dernier était-il prévisible : oui ou non ? Déjà, dès 2003, l’O.T.R.E. dans l’objectif de sauver le pavillon routier français avait avancé des propositions concrètes, pragmatiques auprès de notre Ministère de tutelle, celui de l’Equipement et des Transports. Devant un refus de nous recevoir, chaque Union Départementale est alors allée à la rencontre de ses parlementaires, quelle que soit leur obédience ; ils nous ont tous reçus (ou presque), ils ont compris nos problèmes, ils ont accepté de les faire remonter ; aucune réponse et mesures concrètes du Ministère. 2004 devait être « l’Année du rebond ». En effet, nos entreprises déjà confrontées à une crise structurelle depuis plus de dix ans, due à une concurrence déloyale européenne (plus de 30 % de perte de parts de marché à l’international depuis 1994), ont rencontré une crise conjoncturelle avec une augmentation du coût du carburant de plus de 30 % en un an. Au cours du 1er semestre 2004, nous nous sommes mobilisés à tour de rôle, dans les départements, en organisant ici une opération escargot, là une manifestation devant la Préfecture, là-bas une marche silencieuse… Nous avons rencontré à nouveau les représentants locaux de l’Etat, nos parlementaires ; ils nous ont écoutés et ont promis de transmettre nos messages à qui de droit. Septembre 2004, le Ministre des Transports médiatise à outrance un plan destiné à aider et à pérenniser nos entreprises. Là encore, rien de concret ; pire, une annonce de baisser notre récupération partielle de T.I.P.P. de 0.0369 euros/L à 0.0250 euros/L en 2005. Novembre 2004, l’O.T.R.E. lançait « l’opération hexagone : 1000 camions sur Paris ». Ceci était un appel à la mobilisation de l’ensemble des entreprises de transport françaises. L’objectif annoncé n’était pas de casser, ni de bloquer, mais seulement, qu’enfin, notre Ministre de tutelle nous reçoive et accepte enfin d’ouvrir le dialogue. Résultat : des milliers de policiers, gendarmes, renseignements généraux mobilisés, des arrêtés préfectoraux d’interdiction de circuler illégalement pris ; bref, un refus de discussion. 1er semestre 2005 : l’U.P.R. regroupant 4 organisations professionnelles (AFTRI, OTRE, TLF, UNOSTRA) formule une plate-forme de propositions : - sortir les véhicules roulant du calcul de la taxe professionnelle - exonérer de charges sociales les temps d’attente (non productif) - étendre le PTAC de 40 T à 44 T - volontarisme de la France pour négocier à Bruxelles une harmonisation plus rapide des taux d’assise du carburant, pour aller au plus tôt vers un carburant professionnel européen - Utiliser la possibilité donnée par l’Europe de contingenter le cabotage sur le territoire national (l’Italie a opté pour cette option). Le 23 mai dernier, l’U.P.R. était reçu par le Secrétaire d’Etat aux Transports et par le cabinet du feu Premier Ministre d’alors ; aucune réponse concrète à nos propositions. Alors OUI les résultats du référendum du 29 mai dernier étaient prévisibles ; et NON ils n’étaient pas inévitables. Gageons maintenant que le nouveau gouvernement comprenne nos difficultés, entende nos appels. Nous croyons à notre profession et notre seule ambition, c’est de la sauver. Nous souhaitons la bienvenue à notre nouveau Ministre de tutelle, Dominique PERBEN, et nous comptons sur lui. Eliane GALTIER Présidente de l’Union Départementale des Transporteurs Routiers publics de l’Aveyron
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