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  Editorial

BOLKEISTEIN
= libéralisation des services
= cabotage
= dumping social et fiscal

Faut-il le rappeler ?
En 1998, le gouvernement français s’est pleinement engagé dans la libéralisation totale du transport routier de marchandises sur le territoire européen et l’instauration du cabotage.
La libéralisation du marché des transports a permis aux entreprises de l’union européenne au « moins-disant » social et fiscal, de rafler une part importante et toujours croissante du marché international, au détriment du pavillon routier français.
Le cabotage a permis aux transporteurs de l’union européenne d’effectuer des transports nationaux sur le territoire français au régime social et fiscal de leurs pays d’origine, et d’imposer ainsi des prix de marché toujours plus bas.
Le « Bolkeisten » du transport routier de marchandises a fait son œuvre et aucun politique français n’a élevé sa voix pour en dénoncer les conséquences pour les entreprises et les emplois français.
Faut-il le rappeler ?
L’harmonisation sociale, fiscale et technique promise par le gouvernement français devait empêcher tout « dumping » sur les entreprises de transport françaises et leurs salariés. Chimères, nous savons nous transporteurs de terrain, que nous avons été et sommes toujours pillés par les entreprises de l’Europe aujourd’hui élargie qui ne pratiquent qu’un seul prix, celui du moins-disant !
Pourtant un grand espoir était né après la ratification de la directive européenne relative à l’aménagement du temps de travail des personnes exécutant des activités mobiles de transport routier, espoir de voir réduire les écarts sociaux entre les différents pays européens du transport routier.
La transcription de la directive européenne en droit français était aux dires de notre ministre lors de sa conférence de presse du 08 septembre 2004, l’opportunité de redonner aux entreprises françaises, la compétitivité perdue.
Où en est-on Monsieur le Ministre ?
Le décret de transcription qui fait suite à une ordonnance en voie de ratification législative … passons les détails, est désormais applicable à toutes les entreprises de transport routier françaises depuis le 02 avril 2005.
Et nous avons appris le 28 avril 2005, de la bouche de notre ministre en conférence de presse « intimiste », que nous avions obtenu tous les moyens nécessaires à la défense et au développement de nos parts de marché en Europe.
Nous transporteurs de base, avons essayé de comprendre et d’évaluer objectivement les avancées de ce décret par rapport à la réalité d’exploitation de nos entreprises et de la concurrence que nous devons affronter. Et nous devons vous dire Monsieur le Ministre, même et surtout parce que vous ne nous avez rien demandé, que notre bilan est nettement moins positif que le vôtre. Si nous notons des avancées dans les décomptes de temps de travail et la simplification nécessaire des repos compensateurs, rien ne permet de regagner la compétitivité que nos entreprises ont perdu et le pouvoir d’achat que nos salariés ont du abandonner.
Par contre, nous avons bien reçu votre invitation, Monsieur le Ministre, à des journées de travail à Varsovie en POLOGNE, organisées par l’administration de votre ministère, pour évaluer notre capacité à nous installer dans ce pays. Est ce un message tout juste déguisé Monsieur le Ministre, pour nous faire savoir que l’avenir du pavillon routier français est en POLOGNE ? Ou ailleurs ?

&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbsp&nbspAline MESPLES