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  Editorial

TENIR MALGRE TOUT … MAIS JUSQU'A QUAND ?
Le 5ème congrès de l’OTRE n’a pas failli à sa réputation de qualité et de pertinence. A tout ce qui fait la marque de fabrique de nos congrès et qui les différencient tant des congrès de la « concurrence ».
L’alchimie que nous avons réussi à trouver entre l’expression directe des professionnels, l’apport des spécialistes que nous invitons, la recherche commune de solutions et de propositions aux difficultés conjoncturelles mais aussi structurelles de notre secteur… Ce savant mélange a une fois de plus parfaitement fonctionné tout au long de la journée, pour la pleine satisfaction de tous les participants, chefs d’entreprises adhérents ou non, élus de notre organisation, fournisseurs, journalistes …
Ce congrès a pourtant été très différent des précédents.
Les témoignages de nos collègues désespérés par la situation de plus en plus catastrophique de leurs entreprises, qu’ils tentent de sauver coûte que coûte, au prix de sacrifices immenses : financiers, familiaux et parfois de santé, n’ont laissé personne indifférent.
Tous ces témoignages, que certains préfèrent ignorer, n’est ce pas Monsieur le Ministre ? Nous les avons nous écoutés avec beaucoup de respect. Ils sont malheureusement la preuve tangible du marasme de notre secteur que nous avions craint puis décrit lors de nos deux derniers congrès, mais nous étions si seuls dans ce constat.
L’absence de tous les représentants politiques de notre pays quelle que soit leur appartenance est le deuxième fait marquant de ce 5ème congrès. Au moment du lancement de la campagne électorale du référendum pour l’approbation de la nouvelle constitution européenne, le silence de nos élus de la nation est assourdissant. Faut-il y voir un manque de courage politique à venir expliciter les mérites d’une Europe qui a créé les conditions du déclin du pavillon routier français ? Ou plus sûrement à répondre de leur incapacité à permettre le développement de notre secteur dans l’Europe en construction ? S’agit-il d’un désintérêt manifeste pour la profession de transporteur routier, et de tous les emplois qu’il représente ?
Nous attendons une réponse.
Pour ma part, c’est à la fois le désarroi et la colère qui m’animent aujourd’hui.
Le désarroi car en tant que transporteur et membre du bureau de l’OTRE, je sais que les solutions proposées par notre ministre ne sont pas de nature à répondre au désespoir de mes collègues. Pourtant, des solutions concrètes et rapides existent, nous les avons maintes fois exprimées, mais nous ne sommes pas entendus. Pourquoi ? Qui ou quels sont les obstacles ? Et qui fait obstruction ?
Colère parce que j’assume, avec tous mes collègues de l’OTRE, aujourd’hui, les conséquences économiques, financières et humaines du pillage de notre secteur d’activité. Nous les assumons à la place des politiques de notre pays et des représentants des organisations professionnelles reconnues qui ont eux, co-gérés ce pillage pendant des années.
Mais je crois en l’action syndicale et je crois en la démocratie et c’est donc au nom de ces deux principes que j’invite tous les adhérents de l’OTRE et au-delà tous les chefs d’entreprises du transport routier français à faire entendre leur voix dans les semaines qui viennent.
Le débat politique autour de l’adhésion à la constitution européenne est l’occasion de demander un vrai débat sur l’avenir du transport routier en Europe.

Aline MESPLES
&nbsp&nbsp&nbsp&nbspSecrétaire de l’OTRE