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  Editorial

Y A T’IL UN SECRETAIRE D’ETAT AUX TRANSPORTS ?

Nous sommes nous, transporteurs routiers « d’en bas », en droit de nous poser la question.
Jamais, le transport routier de marchandises français n’a connu de crise aussi grave, dévastatrice et jamais nous n’avons eu un ministre aussi peu présent et aussi peu actif. L ‘année 2003 est catastrophique pour notre secteur d’activité, et il n’a rien fait.

Les quelques apparitions du secrétaire d’état aux transports, lors de distribution de médailles et autres récompenses, à des personnalités triées sur le volet, ne pourront effacer une impression générale de vide et d’abandon d’un secteur d’activité qui ne semble décidément pas l’intéresser.

Devons nous considérer que notre disparition programmée et maintenant en marche, est une fatalité contre laquelle notre ministère de tutelle n’a pas l’intention de lutter ?

Une fois de plus est il utile de rappeler que :
- les raisons du déclin du pavillon routier français sont connues, il s’agit d’un manque structurel de compétitivité sur le marché européen,
- la disparition du pavillon routier français ne résoudra pas les problèmes de sécurité que pose la circulation des poids-lourds sur notre territoire bien au contraire,
- la disparition de notre secteur d’activité aura des conséquences dramatiques en terme d’emploi, et d’activité pour les régions dans lesquelles nous sommes implantés.

D’ailleurs, le déclin de notre secteur dans l’Europe d’aujourd’hui n’est-il pas la résultante du déclin de l’ensemble de notre économie de production ? En effet, de moins en moins de biens de consommation sont produits en France, les délocalisations se multiplient. Est ce là une autre fatalité que nous devons accepter ?

Mais au fait, de fatalité en fatalité de quoi vivrons-nous demain ? Après tout, les entreprises que nous représentons, les emplois qu’elles génèrent sont-ils vraiment utiles ?
C’est vraiment la question que nous sommes en droit de poser à notre secrétaire d’état qui semble lui, bien peu affecté par la désespérance de beaucoup de nos collègues.
Les murs de son ministère semblent le protéger mais pour combien de temps encore ?

Aline MESPLES