Lu dans la presse
LU DANS LA PRESSE GUERRE DE SECESSION ? « Ce n’est pas un mariage, ni même un PACS », précisait Alain Bréau, co-président de TLF, invité le 25 juin à commenter les raisons pour lesquelles son organisation s’était alliée à OTRE, l’AFTRI et l’UNOSTRA dans le cadre de la présentation d’un plan d’urgence destiné à sauver le pavillon routier français. La création de ce « G4 » professionnel ne serait donc qu’une nouvelle version de l’union sacrée. Elle ne serait justifiée que par les circonstances économiques et réglementaires propres au secteur. Elle reflète néanmoins de nombreuses convergences de vue entre des organisations qui n’avaient jusqu’alors pu se mettre officiellement d’accord qu’en couple. Mais elle reste incomplète. En effet, à l’écart des confédérés du G4, l’irréductible Fédération Nationale des Transports Routiers campe sur ses positions. Elle refuse l’idée même d’un dialogue avec l’OTRE, qu’elle s’obstine à considérer comme une troupe de bandits traîtres à sa cause. Enfermée dans son retranchement politicien, elle se renforce pourtant avec l’arrivée dans ses rangs d’autres dissidents. En mai, les commissionnaires franciliens de la CFOCT ont en effet lâché TLF pour passer à la FNTR et y créer, par la même occasion, une représentation nationale des affréteurs routiers, maritimes et aériens. Deux blocs de représentativité professionnelle semblent ainsi se dresser face-à-face, lorgnant l’un et l’autre sur le même trésor d’entreprises adhérentes. De cette situation conflictuelle pourrait naître une guerre de Sécession. Mais celle-ci serait bien futile, alors que se dessinent à l’Est les contours d’une nouvelle forme d’esclavagisme social, sous couvert d’élargissement européen. Bruno Téreygeol
UN G4 POUR 16 MESURES Le 25 juin, l’AFTRI, l’OTRE, TLF et l’UNOSTRA se sont réunies pour définir et présenter ensemble un plan d’urgence visant à sortir le transport routier français de la crise dans laquelle il s’englue depuis plusieurs mois. Les propositions de ce G4 du transport ont déjà retenu l’attention du Ministre des Transports. Augmentation des défaillances d’entreprises de 30 % au premier trimestre 2003 par rapport à la même période de 2002, baisse du pavillon routier national de 8 points entre 1997 et 2002, réduction des marges, ralentissement de la création d’emplois depuis 2002. Constatant ces phénomènes qui touchent le secteur du transport routier, quatre organisations professionnelles, l’Association Française du Transport Routier International, l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens, le Fédération des entreprises de Transport et Logistique de France et l’Union Nationale des Organisations Syndicales des Transporteurs Routiers Automobiles, se sont réunies pour définir ensemble un plan d’urgence. Présenté le 25 juin, ce dernier vise à sauver le pavillon routier et l’emploi en proposant une série de 16 mesures que devrait prendre le Gouvernement. Ce dernier, par l’intermédiaire du Ministre des Transports Gilles de Robien, a assuré le « groupe des 4 » de son soutien, la veille de la présentation officielle du plan d’urgence. Reste à voir si ces déclarations d’intention seront suivies d’effets. Quelques semaines plus tôt, le même Gilles de Robien s’avouait en effet en faveur d’un nouveau système de taxation pour les usagers des infrastructures routières, avec une pression fiscale accentuée sur les entreprises de transport. Le même ministre semblait également pencher pour une augmentation de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers. Il fait aussi partie d’un Gouvernement qui a décidé d’une augmentation de 5.5 % du SMIC à partir du 1er juillet. Seule cette dernière mesure est aujourd’hui en vigueur. Mais elle pèsera sur les résultats des entreprises au second semestre. La FNTR ne suit pas. D’ici un an, il faut aussi compter avec l’élargissement de l’Union Européenne à dix nouveaux pays, essentiellement situés à l’Est. Certes, ces derniers n’entreront pas de plain-pied dans l’Europe des Transports. Des mesures transitoires sont prévues, telles que la limitation du cabotage. Mais elles risquent de ne pas peser bien lourd face aux impératifs de développement des échanges, dans la perspective d’une relance de la croissance économique européenne. Bref, l’horizon économique et social du transport routier de marchandises reste chargé de nuages sombres. Seul rayon de soleil dans cet horizon, l’union de quatre organisations professionnelles pour faire face aux difficultés. Dans ce « G4 » du transport routier, il manque certes un acteur de poids. La Fédération Nationale des Transports Routiers, qui prétend représenter la grande majorité des entreprises du secteur, n’a pas jugé bon de s’associer à ce plan d’urgence. Elle continue en effet de dénier tout droit à l’existence à l’OTRE, née d’une scission en son sein. Elle aurait même fait pression auprès de l’Administration pour empêcher l’OTRE d’être jugée représentative du secteur au niveau national. Une stratégie d’obstruction qui semble avoir eu pour principal effet de motiver encore plus les dirigeants de l’OTRE, en particulier son président Jean-Pierre Morlin. Ce dernier peut se satisfaire d’avoir obtenu une reconnaissance de fait de la part de l’AFTRI, de TLF et de l’UNOSTRA. Lors de la présentation du plan d’urgence, il était installé en bonne place, au centre de la tribune, aux côtés des autres présidents. Il est vrai que c’est son organisation qui a tiré la première la sonnette d’alarme en janvier, en attirant l’attention sur le déclin du pavillon routier national. De plus, le ministère des transports pourra difficilement continuer d’ignorer l’OTRE, après avoir accusé réception du plan d’urgence. En mai, les dissidents de la FNTR ont par ailleurs poursuivi leur essaimage en créant une Union Régionale en Rhône-Alpes, présidée par Michel Fangeat. D’ici la fin de l’année l’OTRE espère réussir également son implantation en Bretagne, voire dans les Pays de Loire. Transport Service Juillet-Août 2003
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