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TRANSPORT DE PERSONNES OU DE MARCHANDISES
QUELLES SONT LES PRIORITES ?


Depuis quelque temps, des voix s’élèvent ici ou là pour dire à qui veut l’entendre, qu’il est urgent de séparer physiquement la gestion syndicale des deux principales branches de notre secteur d’activité. Force est de démontrer que les deux activités ont profondément changé. Les techniques et les réglementations ont évolué en relation avec la modernisation de la vie courante ainsi qu’avec la mise en place des lois AUBRY I et II. La cohabitation actuelle, au sein d’une même structure, aurait des incidences négatives sur les actions et l’image des uns par rapport aux autres.

C’est regarder le transport par le petit bout de la lorgnette que de se limiter à une analyse aussi simpliste. N’est-il pas de métier totalement différent entre le transport d’animaux vivants et le transport de masses indivisibles. N’y a-t-il pas deux métiers, entre assurer un transport d’enfants pour une école maternelle et assurer l’exploitation d’un circuit touristique, conçu par l’entreprise, à la demande de son client. Tout, absolument tout. Personnes et matières se trouvent dans l’absolue nécessité d’être déplacées. C’est certainement ces obligation et diversité qui font du transport un maillon indispensable de la vie économique de notre société. A chacun ses spécialités ou spécificités.
Plutôt que de rechercher des différences, n’aurait-il pas été plus judicieux de souligner les points communs à tous les métiers du transport :
Ø D’abord la route,
Ø Les autorités de tutelle : DRE – DDE,
Ø Les organismes de contrôles : Inspection du Travail, DGCCRF, douanes, etc.,
Ø Les services techniques : DRIRE,
Ø Le carburant : TIPP,
Ø La formation professionnelle,
Ø La garantie financière,
Ø La réglementation européenne,
Ø Les divers organismes : taxe d’apprentissage, formation continue, caisses diverses, etc.

En y regardant de plus près, c’est la nature de la matière transportée qui nous différencie. La conséquence de la responsabilité qu’elle peut engendrer, modifie la position des donneurs d’ordres et forcément, une réglementation spécifique pour chacune des spécialités. C’est seulement sur ce point que la différence est fondamentale.

Jusqu’à ce jour, nous avons très bien su gérer l’ensemble des métiers du transport dans nos syndicats départementaux, régionaux, et même au sein de nos fédérations nationales. Des sections et commissions spécialisées gèrent chacune de ces spécificités. Il convient certainement de mettre en phase nos syndicats départementaux et régionaux en relation avec l’évolution de la réglementation, les accords en cours, et la décentralisation en mutation. Les syndicats de proximité sont et seront de plus en plus nécessaires afin d’être en harmonie avec les réalités de la « France d’en bas ».

Séparer les activités voyageurs et marchandises en deux structures différentes serait, à mon sens, l’erreur à ne pas commettre. L’affaiblissement de chacune des activités en représentativité serait plus que dommageable. Les conséquences sur l’ensemble de la profession pourraient être fatales.

Dans le cadre d’une modernisation de structure locale et régionale, il est possible de laisser une totale autonomie politique à chacune des sections en étant bien conscient que la mutualisation des moyens et la solidarité dans l’action ne peuvent être remises en cause. Il n’y a pas d’organisation qui puisse se le permettre ; ni financièrement, ni politiquement.

C’est ma conviction. J’espère et je souhaite que c’est celle de la très large majorité d’entre vous. Le rassemblement du 16 novembre à PAU devrait le démontrer. La modernisation de nos structures est certainement un sujet d’actualité mais pas une priorité.

Hilaire LAPORTE
Président du Groupement des Transporteurs du Béarn