Lu en septembre 2000 - Pétrole, les marchés seuls gagnants
Le prix du baril de pétrole a ouvert en hausse sur l’International Petroleum Exchange de Londres, à 34.35 dollars le baril. La décision de l’OPEP d’augmenter sa production de 800 000 barils/jour, et ce pour la troisième fois au cours de cette année, ne semble pas avoir impressionné le marché. En dépit du fait que l’offre excède la demande, le marché résiste. La raison est que les spéculateurs savent que l’OPEP est au maximum de ses capacités. De plus chacun sait que les pays membres de l’OPEP dépassent, chacun en ce qui le concerne, les quotas fixés. La hausse du prix du baril est due surtout à la spéculation sur les marchés de Londres et New York organisée par les « traiders ». Entre le prix fixé par les producteurs et celui fixé par les marchés, il y a une différence qui peut varier entre 5 et 10 dollars. Le baril de pétrole était vendu par les producteurs à 25 dollars. Or, sur les marchés de Londres et New York, il était échangé à plus de 30 dollars. Ce qui signifie que la différence entre le prix réel vendu par les pays producteurs et celui pratiqué par les compagnies pétrolières –le prix fixé par les marchés- est empochée directement par les spéculateurs, et en particulier par les compagnies pétrolières, lesquelles ont réalisé des profits jamais atteints auparavant. Pour preuve, il faut savoir que sur le prix d’un baril raffiné, les pays de l’OPEP n’en retirent que 16 %. Les 84 % restant vont aux revenus des raffineries et aux impôts des pays consommateurs. Le fait, également, que le prix du baril soit libellé en dollar, dans un contexte où l’Euro a perdu près du tiers de sa valeur par rapport à la devise américaine, n’est également pas étranger à la hausse des prix à la pompe. Si Américains et Européens mettent la pression sur l’OPEP afin qu’elle augmente davantage sa production, en revanche, libéralisme oblige, aucune mesure n’a été prise pour mettre un terme aux appétits des spéculateurs sur les marchés de Londres, New York ou Rotterdam. Et aujourd’hui….. ???
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