Quand les gros assassinent les petits
En juin dernier, quelques PME de transport répondaient à l’appel de l’Unostra Franche-Comté / Bourgogne et bloquaient une zone d’activité de Dijon. Des transporteurs gênés décidaient alors de porter l’affaire devant les tribunaux qui leur ont donné raison. Aujourd’hui vient le temps pour l’Unostra de leur payer une indemnité pour le préjudice causé, ce qui a du mal à passer mal…
En juin 2008, devant la hausse insupportable du prix des carburants, des transporteurs Francs-Comtois et Bourguignons, adhérents de ce qui s’appelait encore l’Unostra Franche-Comté/Bourgogne, excédés par l'absence de réaction des organisations parisiennes, décidaient d'engager une action en filtrant les accès à l'une des principales zones d'activités de Dijon.
« Au-delà de la revendication pour obtenir une baisse sensible du prix du gasoil, cette action était emblématique vis-à-vis des industriels et surtout des groupes de messageries qui ne prenaient pas en compte l'indexation gasoil. Pendant trois jours et trois nuits, les chefs d'entreprise de PME et de TPE, fortement mobilisés, ont maintenu ce filtrage dans des conditions de sécurité et de calme reconnus par les forces de l'ordre et le Préfet de Côte-d'Or » se souvient aujourd’hui Yves QUEMENEUR.
Transporteur contre transporteur…
Devant l'absence de relais national à cette action et pour ne pas pénaliser les entreprises industrielles de la zone, Gilles SEURRE, président de l'Unostra Franche-Comté / Bourgogne, décidait de lever les barrages dès le jeudi matin. Malgré ce geste d'apaisement, 14 entreprises de transport de la zone, épaulées par le Medef Côte-d'Or, avaient tout de même assigné le syndicat régional en référé : « Gefco, Schenker-Joyau, Kuehne & Nagel, Mory Team, les transports Barbe, Tetra Pak, Kdi, Initial BTP, Bericap, Cobi, RLD, Smurfit, Charpente Industrialisée et M. Malitier », nomme M. QUEMENEUR qui poursuit : « Bien que le Juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Dijon ait retenu l'ensemble de l'argumentation de l'Unostra régionale, le syndicat a été condamné à payer, à chacune des entreprises requérantes, une indemnité au titre de l'article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile pour un total de plus de 3 000 euros ».
Le syndicat régional, devenu depuis UNOTRE Franche-Comté / Bourgogne, adhérent à la fédération OTRE, a d’abord tenté de trouver un accord amiable avec les entreprises requérantes pour ne pas avoir à payer cette somme, « qui, si minime puisse-t-elle sembler, est beaucoup pour une organisation comme la nôtre » plaide le secrétaire général de l’UNOTRE de Franche-Comté.
Seul Mory a pardonné
Mais rien n'y fera. « Seuls, il faut le souligner, Alain BREAU, Pdg de Mory TEAM et Christophe BOSSONNET, Pdg de Mory LDI et par ailleurs président du Medef Doubs, considérant l'absurdité d'une action en justice menée par des chefs d'entreprise contre d'autres chefs d'entreprises, se retirent de la procédure. » Les autres réclament aujourd’hui leur dû. Et l’UNOTRE Franche-Comté / Bourgogne doit payer plus de 3 000 € « à ceux-là mêmes qui, par des prix souvent abusivement bas, conduisent les TPE du transport routier au dépôt de bilan. » s’indigne M. QUEMENEUR qui conclut : « Belle leçon de solidarité syndicale ! »
Rédacteur : équipe du Flash
« Quand les gros assassinent les petits »
Le mardi 26 mai 2009
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