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La Franche Comté Bourgogne a rejoint UNOTRE et adhère depuis peu à OTRE.

Gilles SEURRE, président d'UNOTRE Franche Comté Bourgogne a bien voulu répondre à nos questions.

Qu'est ce qui a motivé votre décision de rejoindre UNOTRE – OTRE ?

En 2003, nous étions les premiers à applaudir la création de l'UPR, alors que Jean Paul GRARD était président national de l'UNOSTRA.

Le regroupement des forces des PME et des TPE du transport routier était – çà l'est toujours – un impératif pour se faire entendre d'une seule voix comme vecteur essentiel de l'économie et acteur incontournable de l'aménagement des territoires.

Le changement de politique dès 2006 de l'UNOSTRA nationale a créé des différends importants avec notre région qui ont conduit à une rupture définitive en août 2008.

Très naturellement, la très grande majorité de nos adhérents ont validé en novembre dernier notre nouvelle orientation à leur service.

Difficile de prendre la suite en région de celle qui était devenue présidente nationale ?

Oui et non.

Oui bien sûr dès lors que j'ai exprimé à la présidente nationale nos interrogations sur sa politique, elle n'a eu de cesse de déstabiliser notre syndicat régional en utilisant tous les moyens, souvent les plus bas.

Non parce que je suis entouré d'un conseil d'administration qui me soutient sans faillir depuis 2006, année de mon élection.

Non également parce que je suis adhérent de l'UNOSTRA depuis 1996 avec la volonté de redonner tout son sens au syndicalisme patronal.

Bien entendu, comme tous les professionnels engagés, je dois m'organiser pour concilier entreprise et syndicat.

Vous parliez de votre conseil d'administration, qui en sont les membres ?

Dans les périodes troublées en interne que nous avons connu et compte tenu des chantiers importants de la profession, j'ai voulu recentrer le conseil d'administration autour de quelques fortes individualités, représentatives des différentes activités de transport et de la géographie de notre territoire.

Le Nord Franche Comté est représenté par Corinne ISARTE qui dirige avec son frère, une entreprise de transport de produits alimentaires et Cédric LAQUET, dirigeant d'une société en plein développement dans le transport léger.

La Bourgogne n'est pas en reste avec Stéphanie GIRARD qui collabore au sein d'une entreprise familiale qui fait du transport à la demande en PL et VL.

Le département du Jura dont je suis originaire compte également Pascal CHEVASSU qui opère en fond mouvant.

Etablie à Besançon, Chantal BARASSI manage une entreprise importante de location de toupies à béton.

Maintenant que nos problèmes politiques internes sont réglés, je souhaite renforcer notre conseil avec l'arrivée de nouveaux administrateurs.

La Franche Comté est économiquement très dépendante de la filière automobile. Cela se reflète t il dans les entreprises de transport ?

Tout à fait. GEFCO est historiquement très présent dans toute la région comtoise. C'est la raison pour laquelle les 1000 entreprises du TRM de la région sont surtout des TPE et des artisans. Mais il existe également un tissu important de transporteurs de bois (particulièrement le transport de grumes).

Par ailleurs, la dispersion de l'habitat en zones rurales a besoin des transporteurs de voyageurs spécialisés dans le transport scolaire.

En Bourgogne, nos adhérents ont un profil légèrement différent en taille d'entreprises avec une forte présence dans le transport de bennes TP et céréalières.

Enfin, nous avons une part significative d'adhérents en transport léger.

Vous êtes basé à Poligny dans le Jura. Quelle est votre activité ?

Pendant de nombreuses années, j'ai eu une activité de transport international particulièrement avec l'Italie. L'arrivée des nouveaux opérateurs des pays d'Europe de l'est m'a obligé à me recentrer sur le marché national.

Mes clients sont des industriels du Jura qui ont besoin de beaucoup de réactivité, ce que me permet la petite taille de l'entreprise (5 ensembles). Mon fils travaille avec moi.

De plus en plus, nous sommes confrontés à de grandes difficultés pour trouver du fret retour. La crise actuelle a encore amplifié le phénomène.

Quelles solutions envisagez vous de trouver dans les prochains mois ?

Je ne suis pas Madame Soleil et rien n'indique une fin de crise rapide. Avec plusieurs transporteurs du syndicat, nous réfléchissons à la création d'un groupement spécifique aux petites PME et aux TPE avec une charte éthique.

Nous voulons ainsi être moins dépendants des commissionnaires qui, pour certains, se font des marges anormales sur le dos des transporteurs.

Quelle est votre politique syndicale ? Sur quels permanents vous reposez vous ?

Depuis sa création en 1995, notre organisation en région a toujours eu un rôle incisif, percutant face aux Administrations et aux Elus. Cette culture "syndicale" vient de Francis Jurion, à l'origine de la création de l'UNOSTRA en Franche Comté Bourgogne. Figure emblématique du transport, il a su concilier la ténacité indispensable et un dialogue serein.

Cette politique n'a pas varié depuis l'arrivée de Yves QUEMENEUR en 2002 en tant que secrétaire général.

À ses côtés, Caroline PAILLOT a en charge le développement des adhérents, le suivi sur le terrain et la gestion commerciale de TRANSPLUS, notre société de services.

À ce propos, pouvez vous nous en dire plus ?

TRANSPLUS  existe depuis 1995. Elle connaît des progressions à 2 chiffres depuis 3 ans. Son chiffre d'affaires négoce a doublé entre 2004 et 2008. Cela est dû à une politique tarifaire rigoureuse, à une gamme de plus de 800 références.

Surtout depuis 2008, nous avons développé un site Internet marchand www.transplus.fr qui booste fortement nos ventes.

La Bourgogne et la Franche Comté présentent elles des spécificités ?

Nous avons les mêmes problèmes que nos collègues des autres régions. Toutefois, nous sommes au cœur des corridors trans européens. Nous sommes donc particulièrement confrontés aux activités de cabotage des transporteurs des pays de l'est.

La délocalisation de certaines usines automobiles en Roumanie et en Slovaquie par exemple a encore accéléré le phénomène de cabotage.

Qu'attendez vous de votre arrivée au sein d'UNOTRE – OTRE ?

Avec OTRE, nous partagions déjà la même philosophie syndicale. L'arrivée maintenant effective des bataillons de l'UNOSTRA (Nord, Champagne, Bretagne, Lorraine, Alsace…) renforce le poids politique et va nous permettre d'aboutir sur de nombreux dossiers – tout du moins je l'espère- :

La réforme du métier des commissionnaires, la poursuite du combat contre l'éco redevance, l'expérimentation des EMS.

Dans notre région, nous souhaitons que le décret sur le transport de bois ronds, prévu avant l'été, prenne en compte les grumes de grande longueur, spécialité du massif jurassien.

Avez-vous participé activement aux actions du printemps 2008 ?

Bien entendu, nous étions sur le front. Malheureusement peu suivis par les autres organisations professionnelles, nous avons bloqué pendant 4 jours et 4 nuits la principale zone industrielle de la région Dijonnaise, bloquant tout activité.

 

En conclusion OTRE avec l'apport des régions UNOTRE, est aujourd'hui la seule organisation professionnelle assurant efficacement la défense des PME et des TPE du transport routier.

L'économie de notre pays, l'aménagement harmonieux et durable des territoires ne peut se faire sans le concours des entreprises de transport routier de marchandises et de voyageurs.

C'est le message que nous avons aujourd'hui, tous ensemble, le pouvoir de porter.

Les prochaines semaines, les prochains mois seront très difficiles. Il est encore plus important que nous soyons unis pour faire passer ce message….. peut-être pour l'imposer !