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  Revue de presse

« CETTE CRISE NOUS MET À NU »

Flash Transport du 30/01/2009

Une facture de GO qui a flambé en 2008, pas de « trésor de guerre » amassé et un cabotage déloyal qui s’intensifie : comment envisager de survivre face à cette situation ?

À l’heure où la trésorerie commence à faire défaut, Aline Mesples, codirigeante d’une entreprise de transports de bennes près d’Orthez (64), a du mal à cacher son inquiétude pour l’avenir. « On ne peut pas dire que toutes les mesures qui ont été prises depuis ces deux dernières années ont été de nature à nous rapporter », ironise ce chef d’entreprise qui estime tout de même qu’adhérer à un syndicat, pour elle l’OTRE, est un soutien de poids.

Pas égaux devant la crise.

Elle rappelle : « Nous n’étions déjà pas bien au mois de juin 2008, parce qu’on avait subi 6 mois d’augmentation de gazole complètement inconsidérées. On avait essayé de nous faire passer cette hausse sur le compte de l’écologie, alors qu’on s’aperçoit aujourd’hui que ce n’était que de la spéculation… ». La facture gazole de son entreprise a flambé : « Pour nous, cela s’est soldé par un surplus de 600 000 euro sur notre facture 2008 par rapport à l’année précédente. Somme que nous n’avons toujours pas été en mesure de digérer.

C’est parti en fumée dans les poches des spéculateurs qui, aujourd’hui, nous disent qu’ils ne peuvent plus prêter d’argent ».

La crise de trop.

Si on en croit Aline, aujourd’hui sans trésorerie, « dans nos métiers, tout le monde n’aura pas les moyens de dépasser cette crise. Certains secteurs d’activité ont engrangé par le passé et pourront passer ce mauvais cap sans trop de casse. Dans les secteurs comme celui du bâtiment, le trésor de guerre amassé lors des années fastes devrait leur permettre de passer à travers la crise. Idem pour le matelas des récupérateurs de ferraille qui ont vécu des années de folie, avec des prix qui dépassaient toutes leurs espérances. Ils devraient pouvoir assumer ce passage à vide. En revanche, dans les transports, ça fait bien longtemps que l’on ne gagne plus grand-chose. Alors, cette crise nous met à nu ».

Les étrangers attaquent.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, à cette situation économique se greffe, pour les transporteurs, une recrudescence de la concurrence internationale. « La menace de dumping sur les prix se fait plus précise », constate Aline : « Basés près d’Orthez, nous subissons de plein fouet la concurrence des étrangers. Les Espagnols, en crise depuis juillet, sont de plus en plus tentés de venir faire du cabotage chez nous, avec des prix inférieurs de 30 % à 40 % aux nôtres ». Ce qui exacerbe le sentiment d’inquiétude des transporteurs, d’autant qu’Aline ne peut que déplorer : « Les corps de contrôle sont beaucoup plus occupés à faire des contrôles en entreprise que sur les routes. Et, pendant ce temps-là, les camions étrangers peuvent caboter tranquillement chez nous, en toute illégalité ».

Un sentiment qui donne un avant-goût de ce que peuvent ressentir les transporteurs au fur et à mesure que l’on se rapproche de la date d’autorisation de cabotage pour les pays de l’Est, toujours prévu pour mai prochain, sans que l’on ait encore avancé d’un pas sur le dossier de l’harmonisation sociale…