Vers une formation obligatoire des livreurs ?
En réaction à l’un de nos articles sur la formation des coursiers rendue obligatoire depuis le 1er avril dernier, Jean-Marc Rivera, de l’OTRE Ile-de-France, estime aujourd’hui que bon nombre d’entreprises de courses risquent de recruter dorénavant non plus des coursiers mais des conducteurs livreurs en VUL. Car, pour eux, il n’existe aucune obligation de formation ! Un comble...
Au départ, il y a un état de fait : les coursiers, qui circulent parfois en commettant beaucoup d’imprudences, en deux ou quatre roues, vont devoir être formés pour éviter des drames potentiels. C’est dans cette perspective qu’un statut a été créé en décembre 2005 pour eux. Le texte comporte d’importantes dispositions relatives notamment à la nomenclature des emplois de coursier, ainsi qu’à leur formation initiale. Il y est distingué deux qualifications : « 2 bis », coursier sur véhicule deux roues et « 3 bis », coursier sur véhicule quatre roues. Ces coursiers, embauchés en vue d’occuper pour la première fois un emploi de personnel coursier, bénéficient d’une formation initiale principale de trois jours. Voilà donc pourquoi Jean-Marc Rivera, de l’OTRE Ile-de-France, réagit : « Le paradoxe est que notre convention collective prévoit, au-delà des deux qualifications susnommées, une qualification de conducteur de véhicule jusqu’à 3,5 tonnes de PTAC ».
Un camion reste un camion, VUL ou pas
D’après Jean-Marc Rivera, « il existerait donc, selon les termes de notre convention, une différence entre le métier de coursier et celui de livreur. Le premier se définissant comme un ouvrier affecté à la conduite d’un véhicule 2 ou 4 roues chargé d’enlever des objets dont il doit assurer la préservation et qu’il doit livrer au destinataire dans le cadre d’un service course à course et/ou en tournée et/ou en distribution. Le second, le conducteur livreur 3,5 tonnes, se définissant comme un ouvrier chargé de la conduite d’un véhicule jusqu’à 3,5 tonnes qui charge, assure l’arrimage et la préservation des marchandises et la porte à son destinataire. Allez comprendre quelque chose, tonne Jean-Marc Rivera. Vous conviendrez que le distinguo entre les deux qualifications apparaît bien mince, selon notre convention. Alors pourquoi imposer aux coursiers une formation initiale là où rien n’est imposé au conducteur livreur en véhicule utilitaire léger ? », s’interroge-t-il. « Qu’il soit équipé d’un pont bâché ou d’une superstructure rigide, un véhicule de livraison de 3,5 tonnes est souvent considéré comme un camion par les automobilistes. Il est vrai que, pour les non professionnels, l’apparence de ces véhicules est quelque peu semblable à celle des poids lourds », ajoute-t-il. Pour Jean-Marc Rivera, « qu’il soit au volant d’un poids lourd ou d’un véhicule de livraison, le chauffeur doit assumer les mêmes responsabilités. C’est la raison pour laquelle il est indispensable qu’un chauffeur de véhicule de 3,5 tonnes travaille avec la même conscience professionnelle et qu’il dispose de connaissances appropriées ».
Une nécessaire obligation de formation
« L’OTRE, dit son responsable francilien, ne peut que se satisfaire de cette obligation de formation initiale pour les coursiers. Mais, dans l’état actuel, elle n’a de sens que pour les coursiers deux roues. Aux termes de la convention collective, à l’embauche d’un salarié primo rentrant dans la profession, pour éviter la formation initiale obligatoire, il suffit d’embaucher un conducteur livreur 3,5 tonnes en lieu et place d’un coursier 4 roues et le tour est joué », observe-t-il. Selon lui, « les professionnels vont devoir rapidement trancher sur la nécessité d’une obligation de formation initiale de tous les conducteurs de véhicule utilitaire léger et supprimer l’ambiguïté d’interprétation de notre convention collective sur le sujet. À défaut, il nous semble que l’avenant n° 94 perd toute sa portée. ».
Rédacteur : Omri Ezrati
« Vers une formation obligatoire des livreurs ? »
Le mardi 28 avril 2009
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