Des caboteurs illégaux slovaques pincés
Deux chauffeurs slovaques ont anticipé le droit de caboter en France. La société belge qui les emploie avait même prévu les chèques à l'ordre du Trésor public pour les amendes, au cas où…
Le 1er mai, les transporteurs slovaques, tchèques, hongrois ou polonais* auront le droit de caboter en France. Mais pas avant. Notre territoire étant une véritable passoire, bon nombre de petits malins profitent déjà du nombre insuffisant de contrôles pour passer à travers les mailles du filet. Pour une fois, deux caboteurs illégaux se sont fait pincer. Il est vrai qu’ils ont eu la malchance d’aller chercher du fret dans la zone où se trouve le siège OTRE de l’Aveyron...
Société belge, camions slovaques
« Lundi dernier, nous avons remarqué deux tracteurs slovaques avec des semi belges dans la file d’attente de la société Lactalis, sur la zone de Cantarane à Onet. Nous avons de bons rapports avec la DRE et ils ont dépêché des agents immédiatement pour les contrôler », indique au Flash Transport Isabelle Verdier, secrétaire générale adjointe. Les deux chauffeurs, slovaques, se trouvaient en infraction vis-à-vis de la réglementation européenne sur les transports. En l'espèce, Lactalis avait mis à l'affrètement une vingtaine de tonnes de lait de consommation, précise La Dépêche qui a couvert l’affaire. La société belge Palifor a répondu et a envoyé ses remorques, mais avec des camions de sa filiale slovaque.
750 € d'amende pour chaque chauffeur
Les deux chauffeurs ont chacun écopé d'une amende de 750 € pour exercice illégal de la profession et l'un d'eux, qui avait omis d'inscrire sur sa feuille de route le pays de départ et d'arrivée, écope d'une amende de 130 €.
« Ce qui est énorme, c’est que les contrôleurs, que nous avons rencontrés par la suite, nous ont expliqué que les chauffeurs avaient sur eux des chèques en blanc émis à l’ordre du Trésor public », s’insurge Isabelle Verdier. Le transporteur savait donc exactement à quoi s’en tenir.
Ca augure mal de ce qui va se passer
« Jusqu’à présent, l’Aveyron, qui est un département rural, était peu touché par le cabotage. Mais là, cela fait un peu peur de les voir arriver. Cela augure mal de ce qui pourra se passer dans deux semaines », s’inquiète Isabelle Verdier (contrairement à ce que pensait un autre transporteur : cf. « Il y a des régions qui souffrent moins que d'autres »). Cette dernière rappelle que l’OTRE réclame un carnet de cabotage permettant un contrôle efficace, et une coresponsabilité pénale de l'affréteur. La nouvelle règle sur le cabotage, qui ne sera pas prête au 1er mai faute d’être passée à l’Assemblée, restreint le cabotage à trois transports cabotés dans les sept jours qui suivent un transport dit international (contre 45 jours par an, dont 30 jours consécutifs actuellement).
* Les 10 nouveaux pays entrants dans l'UE en 2004 : Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie.
« Des caboteurs illégaux slovaques pincés »
Le mercredi 22 avril 2009
http://www.flash-transport.com/portail/Accueil.html
« Nous avons encore des prix corrects »
« Ouf, je ne suis pas dans la liste des 600 entreprises ayant déposé le bilan depuis le début de l’année… Du moins, pas encore. » C’est ainsi que se consolent bien des transporteurs qui s’inquiètent : « On pourra tous encore tenir six mois, mais après ? » Cependant, face à la crise, force est de constater que tous les transporteurs ne sont pas égaux…
Quand on est transporteur, faire le dos fond pour passer la crise serait plus facile dans certaines régions. Patrick Galtier constate en effet que, dans l’Aveyron, « entre transporteurs, on est toujours à se plaindre de la crise. Mais, autour de la table, on est toujours aussi nombreux. » Dans sa région, seule une entreprise unipersonnelle a disparu. « Ce n’est pas la même chose chez nos voisins de Toulouse ou de Marseille », constate-t-il. Une explication ? « Nous sommes une région où il n’y a pas beaucoup de fret, où peu de transporteurs veulent aller. (Pourtant, l'actualité récente vient de nous montrer qu'elle est cabotée par les Slovaques. « Des caboteurs illégaux slovaques pincés », ndlr) Surtout en ce moment, parce qu’ils savent qu’ils auront du mal à recharger leur camions pour les retours… Du coup, chez nous, les prix du transport sont plutôt dans la moyenne supérieure. » C’est toujours ça !
Moins de vacanciers, moins de transports
N’allez pas croire que tout est rose pour autant. La liste des dépôts de bilan des entreprises de transport, Patrick Galtier avoue la consulter régulièrement et se réjouir chaque fois de ne pas y figurer. Car son entreprise souffre. « L’activité n’a pas été terrible, au premier trimestre, mais nous avons réussi à être à l’équilibre. » Le chef d’entreprise constate toutefois qu’en avril le trafic est un peu reparti. Son entreprise de 80 salariés, qui fait du frigo en national et en local, bénéficie de la saisonnalité. Pourtant, quand on lui demande comment s’annonce le mois de mai, il ne se fait guère d’illusions : « On aura l’impression de travailler beaucoup parce que les semaines ne feront que quatre jours. Mais, ce qu’il faut voir, ce sont les résultats. » La reprise, il n’y compte plus avant 2010. Or, d’ici là, sa région, l’Aveyron, qui vit beaucoup du tourisme, risque de souffrir. Les professionnels du secteur tablent sur moins de vacances et moins de week-ends dans la région... donc moins de consommation et moins de transports.
Le pouvoir de dire non
Il constate toutefois quelques frémissements sur le marché. « Il y a de gros commissionnaires qui répondent à des marchés nationaux et qui, les ayant remportés, ont besoin de transporteurs pour faire les trafics. Je pars du principe que ces transports, je ne les ai pas. Alors, je ne les accepte qu’à mes conditions. » C'est-à-dire à des tarifs convenables. À prendre ou à laisser. « Souvent cela marche », constate-t-il. Il a aussi appris à dire non. « Il y a encore peu de temps, certains chargeurs nous auraient quittés si on leur avait proposé des prix inférieurs aux nôtres de 10 à 15 %. Ils semblent plus regardants à le faire, à présent. Ils tentent encore de nous demander de nous aligner sur ces baisses, mais si on résiste, ils ne nous laissent pas tomber. Les clients font attention à la santé financière des entreprises à qui ils confient leur fret. »
Il faut s'adapter hyper vite !
Actuellement, ses problèmes seraient moins liés à des problèmes tarifaires qu'aux délocalisations de trafic de ses clients. « Il faut sans cesse suivre et s’adapter aux réorganisations des chargeurs qui tendent à repenser leur logistique. Pour nous, cela veut dire se retrouver quasiment du jour au lendemain avec des camions vides sans retours dans une région de France et des demandes dans d'autres régions où nous n'avons pas de véhicules... À nous, transporteurs, de nous adapter hyper vite à leurs changements et trouver les synergies pour répondre à leurs nouveaux besoins. »
Chauffeurs aux petits soins
La crise présente tout de même quelques côtés positifs. « Je reçois chaque semaine entre 6 et 10 CV. Les chauffeurs savent qu’en cas de problème ils ne retrouveront plus du travail aussi facilement qu’il y a encore quelques mois. Du coup, leur comportement s’en ressent. Ils sont plus souvent volontaires en cas de surcroît de travail, plus professionnels, plus rapides, plus souples. Ce qui, au final, bénéficie à l’entreprise qui, elle aussi, gagne en flexibilité. »
Patrick Galtier, adhérent de l’OTRE Aveyron,
« Nous avons encore des prix corrects »
Le mercredi 22 avril 2009
http://www.flash-transport.com/portail/Accueil.html
Cabotage : Lactalis piégé par un affréteur belge en infraction avec la réglementation européenne
Selon La Dépêche, sur demande de l’OTRE Aveyron, « la direction régionale de l’équipement a contrôlé deux camions slovaques, à la société Lactalis à Onet (12) ». Les deux chauffeurs se trouvaient en infraction vis-à-vis de la réglementation européenne sur les transports.
Toujours selon le journal, Lactalis avait mis à l’affrètement une vingtaine de tonnes de lait de consommation. La société belge Palifor a répondu et a envoyé ses remorques, mais avec des camions de sa filiale slovaque. Les deux chauffeurs ont chacun écopé d’une amende de 750 euros pour exercice illégal de la profession et l’un d’eux, qui avait omis d’inscrire sur sa feuille de route le pays de départ et d’arrivée, écope d’une amende de 130 euros.
Enfin, selon la rédaction de La Dépêche, les amendes ont été réglées par des chèques déjà signés et portant déjà le nom du bénéficiaire : le Trésor public, « laissant supposer que la société agissait en connaissance de cause ».
Jusqu’au 30 avril, le cabotage (transport d’un point à un autre dans un même pays de l’Union européenne) leur est interdit (tout comme les Estoniens, Lituaniens, Lettoniens et Tchèques. La Bulgarie et la Roumanie au 1er janvier 2010). Seuls les transports d’un pays à un autre sont autorisés. Au-delà du 1er mai, le cabotage leur sera autorisé 45 jours par an dont 30 jours consécutifs maximum.
Revue de presse : La Dépêche